Dossier d'actualité

mercredi, 01/09/2010
Par Valentin Goux

Dominique Strauss-KahnÀ la fois absent et omniprésent, Dominique Strauss-Kahn laisse planer son ombre sur un Parti socialiste regonflé à bloc par les déboires de la majorité. Au risque de laisser Martine Aubry s’imposer comme la candidate naturelle.

Pour un peu, on jurerait que ceux-là se sont toujours aimés, que rien ni personne n’a jamais entamé leur belle fraternité, que tout a toujours été idéal politique, lendemains qui chantent et dévouement, uniquement. Et les belles images de se succéder pour les caméras, tout en embrassades, en mains serrées. Deux ans après le sinistre congrès de Reims, ses haines recuites, ses combats de coqs et ses négociations mesquines, tout est oublié, tout est pardonné. Ségolène Royal ouvre les universités d’été, Martine Aubry les ferme, et les deux dames s’envoient pendant quarante-huit heures des fleurs dans leurs discours – des roses de préférence –, chacune louant à l’envi les vertus régionales, municipales ou nationales de l’autre.

Un an après l’échappée solitaire de Vincent Peillon à la tête de son “rassemblement social, écologique et démocrate”, dans lequel il s’affichait ostensiblement aux côtés de Marielle de Sarnez pour promouvoir l’alliance au centre contre l’avis de la direction du PS, le député européen tombe presque lui aussi dans les bras de la première secrétaire, posant avec elle pour les pho­tographes. Finies les ma­nœuvres de courant, les engueulades et les déclarations assassines. D’ailleurs les petites phrases, c’est bien simple, à en croire les hiérarques socialistes, elles n’ont quasiment jamais existé. Presque une invention des médias ! Pendant trois jours d’université d’été, ils l’ont dit, répété, rabâché devant les journalistes : « Il n’y a pas de drame. Désolé, on sait que ça vous aurait fait plaisir. »

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mercredi, 01/09/2010
Par Charlotte d'Ornellas

La première trace de leur présence en Europe de l’Est date de 1385. Re tour sur ces migrants et leurs siècles d’errance.

Mais qui sont donc ces Roms, souvent confondus avec les gens du voyage ? Gitans, tsiganes, manouches ou bohémiens sont des Roms. La communauté a préféré ce terme à celui de Tsigane dès 1933, au premier congrès des Roms de Roumanie. Il a été définitivement adopté par les Nations unies et l’Union Romani internationale en 1971 pour désigner ces populations qui partagent une origine commune. Rom signifie “homme” en langue romani, les autres sont des gadjé, des “étrangers”.

Les différentes appellations ont vu le jour au fil de leur histoire, de leurs pérégrinations ou de leurs activités. Beaucoup pensaient qu’ils arrivaient d’Égypte et les appelèrent donc “gitans”, du nom de la région de l’Égypte mineure. Dans les Balkans, on les appelait “tsiganes”, du nom de la secte Atsiganos à laquelle on les soupçonnait d’appartenir. L’appellation “bohémien”, en revanche, est apparue lorsque le roi de Bohême leur accorda un passeport pour sillonner l’Europe.

Malgré une transmission non écrite, on connaît de mieux en mieux l’histoire des Roms. Certains les imaginent fils de Cham, descendants de Caïn, des mages de Chaldée ou derniers survivants de tribus celtes.

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mercredi, 01/09/2010
Par VA

Alors que la polémique enfle autour des Roms et des gens du voyage, “Valeurs actuelles” a rencontré deux communautés, l’une roumaine déracinée, l’autre française depuis toujours.

Les Roms ou le feuilleton de l’été. Et pour Nicolas Sarkozy, l’un de ces casse-tête qui menacent à tout moment de donner raison à la formule d’Henri Queuille : « Il n’existe pas de problème qu’une absence de solution ne parvienne un jour à résoudre »… Et pour cause : pris sous l’angle de la sécurité publique, le problème de la délinquance des Roms et autres “gens du voyage” est parfaitement soluble à condition de le vouloir. Pris sous celui de l’expulsion, il ne l’est pas. Les premiers sont issus d’un pays de l’Union européenne, ensemble politique défini en premier lieu par la liberté de circulation absolue ; les seconds sont français depuis plus longtemps que les petits-enfants de harkis. D’où le malentendu dont est victime la politique du gouvernement : partie pour répondre à la violence scandaleuse de gens du voyage ayant mis à sac, le 18 juillet, le centre-ville de Saint-Aignan-sur-Cher, la voici accusée par toutes sortes d’autorités morales – des plus hasardeuses, venues de l’extrême gauche, à la plus légitime, celle du Saint-Père – de piétiner le droit des gens. Ce qu’attendent les Français était pourtant simple : que la loi soit appliquée.

Que les gendarmes aient enfin la consigne de pénétrer systématiquement dans un camp de Gitans (gens du voyage ou Roms, qu’importe !) comme dans tout autre lieu pour y récupérer une voiture volée et se saisir du voleur présumé comme de tout autre voleur, quelle que soit son origine ou sa couleur de peau. Et qu’à la violence des uns réponde, le cas échéant, la force légitime des autres. Rien de plus. Rien de moins. Se lancer, au lieu de cela, dans une politique de démantèlement des camps illégaux (qui n’est, bien souvent, qu’une “reconduite”à la limite du dépar tement voisin, guère plus efficace qu’une expulsion en Roumanie, sans lendemain et menée à grands frais !) exposait à des accusations aussi injustes que meurtrières.

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mercredi, 01/09/2010
Par Stéphane Denis

Hypermédiatisées, les affaires Woerth ou Banier sont l’écume d’une longue histoire rythmée par un siècle de passions françaises. Retour sur le roman mouvementé d’une réussite aussi exceptionnelle que riche en controverses.

En 1909, un jeune chimiste, Eugène Schueller, crée à Clichy la Société française de teintures inoffensives pour cheveux. Il s’est associé à un comptable, André Spery, et cherche des capitaux. Il gagne sa vie comme préparateur à la Pharmacie centrale de France. Le professeur Auger, de l’École de chimie, lui a trouvé la place. Schueller n’a pas d’argent. Son père, pâtissier, a été ruiné par la faillite du canal de Panamá. Le fils a pu faire ses études à Sainte-Croix de Neuilly parce que le père en a obtenu la clientèle. Ses camarades sont de milieux aisés. Il en sera très impressionné et c’est là qu’après avoir réussi, il bâtira sa maison.

Les capitaux viennent avec Henri de Rothschild (André Pascal au théâtre), qui cherche à lancer Monsavon. Avec le shampoing Dop et la peinture Valentine, voici réunies les trois marques phares de la maison, qui finira par prendre le nom d’une teinture, l’Auréale. On en fera L’Oréal. Eugène Schueller est bon chimiste mais surtout très de son temps. Il a compris le rôle de la publicité. Pour séduire les coiffeurs, il crée un journal, la Coiffure de Paris.

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