L’excuse qui tue
Le 02/02/07, par Eric Branca, Directeur délégué de la rédaction | Présidentielle
Echange téléphonique avec un proche de Laurent Fabius rallié officiellement à Ségolène. Selon lui, la droite aurait tort de s’en prendre à l’incompétence de la candidate. Si elle était nulle, ça ce serait vu lors des primaires socialistes où, malgré tout, elle su s’imposer. A part son dérapage sur le nucléaire iranien, elle a, de fait, prouvé qu’elle maîtrisait bien ces dossiers. Dont acte. Mais alors comment expliquer cette suite de dérapages incontrôlés et quasi quotidiens depuis le début janvier? L’explication de mon interlocuteur n’est pas d’ordre politique mais psychologique. Et, pris au pied de la lettre, c’est terrible: « Son problème n’est pas sa compétence, mais sa capacité à prendre ses marques dans un débat national qui la change de la dimension partisane à l’intérieur de laquelle elle se sentait à l’aise. Encore un peu de temps, et tout ira mieux ! » Traduction : primo, l’inattendu donne le vertige à Ségolène, privée de ses balises traditionnelles ; secundo, elle n’a pas encore trouvé le mode d’emploi pour reprendre confiance… Donc pour l’inspirer ! C’est tout juste si mon interlocuteur n’ajoute pas qu’au fond, sa candidate, dépassée par les évènements, n’est plus tout à fait sûre de vouloir être élue. Bref, n’est-elle pas en train de créer inconsciemment les conditions de sa propre défaite, de même que certains mauvais élèves, intelligents mais trop orgueilleux, préfèrent la spirale d’un échec certain à une victoire aléatoire ?… Précision : mon interlocuteur n’est pas seulement fabiusien. Il est aussi pédopsychiatre. Il a soigné des surdoués qui préfèrent un zéro à une note à peine au dessus de la moyenne…
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