La Sofrès qui a constitué pour TF1 le « panel » de Français réunis lundi soir devant Nicolas Sarkozy a manifestement pratiqué la discrimination positive. Pour faire de ce débat un spectacle, elle avait surreprésenté quelques minorités : les retraités, les jeunes révoltés. Si l’on prend ce panel pour représentatif, alors on a vu ce que veulent les Français : tout et son contraire. Augmenter le Smic, les salaires et les remboursements de la Sécurité sociale tout en réduisant les impôts, le coût du crédit et le prix de l’essence…Sans parler du mariage et de l’adoption des couples homosexuels. Sarkozy est resté d’une humeur égale, tout sourire, préférant écrire les remarques quand elles devenaient franchement agressives et haineuses. Il n’a pas molli : « Nous nous acharnons à vouloir partager de l’argent que nous n’avons pas. » En une phrase, il a résumé le mal français. Depuis vingt-cinq ans, les Français ont cru pouvoir faire ce que demandait ce « panel » : augmenter le Smic, multiplier les aides et améliorer les retraites, en travaillant moins pour partager le travail et en donner à ceux qui n’en avaient pas. On a fini par cumuler les impôts, la dette et le chômage. Il faut arrêter de croire au Père Noël. C’est bien utile une campagne présidentielle : devant Sarkozy, Ségolène va avoir du mal.

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