En finir avec Thorez
Le 07/02/07, par Fabrice Madouas, Rédacteur en chef adjoint Société | Société
On ne lui discutera pas cette qualité : Gilles de Robien a du courage. En moins de deux années passées Rue de Grenelle, il aura réformé l’enseignement de la lecture, de la grammaire et du calcul – et prôné le retour à des méthodes (le BA-ba, le calcul mental) qui ont permis à des générations de Français de savoir lire, écrire, compter, donc de vivre en bonne intelligence. Il y a encore beaucoup à faire : par exemple, réécrire les manuels d’histoire, qui sont si peu “de France” que l’on peut douter que l’Éducation soit encore “nationale”… Évidemment, les syndicats de gauche résistent à leur ministre, sans courir trop de risques : le statut de la fonction publique, préparé par Maurice Thorez en 1946, leur garantit des positions inexpugnables. C’est la loi Thorez qui permet aux syndicats de régir le déroulement des carrières, les mutations, les sanctions. « Il faut qu’une faute soit gravissime, une malhonnêteté vraiment énorme ou un scandale vraiment patent pour qu’une mesure disciplinaire soit prononcée », soulignait Maurice Druon, en 2000, dans La France aux ordres d’un cadavre, celui du parti communiste. Et si la vraie révolution, c’était l’abolition de ce statut ?
PS : sur un autre sujet, François Bayrou a cité, dans l’émission de Franz-Olivier Giesbert sur France 5, deux de ses “coups de cœur” : Le caporal épinglé, de Jacques Perret, et La Diane française, d’Aragon : « Quatre éléments quatre vents quatre fleurs / Il me suffit pourtant de trois couleurs »… On peut penser que Bayrou n’a pas de programme. Au moins a-t-il des lettres. Et c’est déjà beaucoup.
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