Les images télévisées du « grand discours » de Ségolène Royal à Villepinte sont complètement trompeuses. Pour un peu, les extraits choisis donneraient (presque) l’impression qu’elle a remporté son pari. Or rien n’est plus faux, comme ont pu s’en rendre compte les quelques milliers de courageux, dont votre serviteur, qui ont suivi sur LCI, dimanche dernier, l’intégralité de son discours. Journaliste politique depuis une vingtaine d’année, jamais je n’avais assisté à l’occasion d’un évènement aussi important, à un aussi piètre exercice : crispée, lisant son discours du début à la fin, la candidate PS n’est jamais entrée dans son personnage. On la sentait intimidée. Pas à la hauteur. Une mauvaise actrice ne parvenant pas à incarner son rôle de composition. En un mot : pas crédible. Il fallait voir, d’ailleurs, au cours de ces deux heures, la tête des éléphants (Ah ! ce petit sourire en coin de Fabius) ou même des 8 à 10 000 personnes présentes pour s’en convaincre. Hormis les groupes de militants, professionnels de la claque, répartis aux quatre coins de la salle, on sentait bien que le courant ne passait pas entre la candidate et « son » public : visages fermés, applaudissements polis… Cela non plus n’a pas été vu dans les comptes-rendus télévisés. Or la chose est ô combien instructive : Royal était parvenue sans peine à se glisser dans la peau de « candidate à la candidature » du PS, pas dans celle de « candidate investie » pour l’Elysée ! Ce qui signifie que, sauf si elle est soudain touchée par la « grâce », elle peut dévisser.

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