Gare à la Réunion !
Le 19/02/07, par Eric Branca, Directeur délégué de la rédaction | Présidentielle
De l’ancienne Ile Bourbon (devenue la Réunion en 1848), on connaissait le chikungunya et ses ravages : il faut ajouter aux pathologies locales une sorte d’ivresse des cimes qui ne se déclare qu’en période électorale. Nicolas Sarkozy vient-il d’en être victime lors de sa récente visite dans ce département d’outre-mer ? Devant une foule de supporters, le candidat de l’UMP qui, jusqu’alors s’efforçait (avec succès) de faire mentir tous les pronostics sur sa légendaire « agitation » d’homme pressé, s’est laissé allé à cette confidence : « Je vous avoue que cette campagne, je commence à la sentir bien » . Et d’ajouter : « L'histoire de ma vie, c'est de partir de tout en bas pour aller tout en haut…. » Dont acte. Mais alors, pourquoi répéter chaque jour que le pire danger pour lui serait de perdre sa modestie ? Peut-être Sarko va-t-il revenir sur terre aussitôt rentré en métropole… Mais rappelons tout de même deux précédents fâcheux. C’est lors d’une visite dans sa Réunion natale que Raymond Barre, favori de l’élection présidentielle de 1988, se laissa aller à des propos d’une violence rare contre Chirac, alors premier ministre, qui le firent décrocher définitivement dans les sondages parce qu’ils relançaient la perspective d’une guerre des chefs dont allait profiter Mitterrand pour être réélu; et c’est au retour de la Réunion, encore, qu’en 2002, Lionel Jospin, également favori des sondages, perdit ses nerfs au point de comparer ce même Chirac à un vieillard, « usé » et « fatigué ». Deux dérapages qui furent fatal à des hommes réputés maîtres d’eux-mêmes… Cette fois, Sarko n’a semble-t-il rien à craindre de Chirac, qu’il n’a d’ailleurs pas mis en cause. Mais c’est Chirac qui, paraît-il, dit de lui : « A l’heure qu’il est, personne ne peut battre Nicolas. Personne sauf lui-même » !
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