Y a-t-il un bayrouiste dans la salle ?
Le 23/02/07, par Arnaud Folch, Rédacteur en chef adjoint Politique | Présidentielle
Qui croire ? Trois RV ce vendredi, trois sons de cloche différents ! Le patron d'un institut de sondage qui m'annonce que dans sa prochaine étude Sarkozy va se tasser, Royal progresser et Bayrou continuer à grimper. Un membre de la garde rapprochée de Sarkozy, rencontré à son QG de la rue d'Enghien, qui, pourtant par nature pessimiste, ne croit "absolument pas" qu'il puisse, au final "dépasser les 10 %" et qui, me dit-il, "sera derrière Le Pen". Enfin le collaborateur d'un ministre important qui, lui, voit carrément "Le Pen à 23 %" et Bayrou à "8-9 %". Difficile de s'y retrouver. Une certitude cependant : Bayrou, pour l'heure, est d'abord un deuxième choix - aussi bien pour les électeurs de Sarko que ceux de Ségo, voire pour ceux de Le Pen. Raison pour laquelle il l'emporte systématiquement au second tour : ses voix du premier tour s'ajoutant à celles de celui, quel qu'il soit, qui a été éliminé. C'est sa force. C'est aussi sa faiblesse. Ce que m'a confirmé une discussion entendue cette même semaine au comptoir d'un café (où l'on apprend souvent plus de choses que dans les couloirs de l'Assemblée). Trois "piliers" de comptoirs discutent de la présidentielle : un pro-Sarko, un pro-Le Pen, un pro-Bayrou. Les deux premiers, très sûrs d'eux, assument leur choix. Le premier au nom de l'efficacité. Le second au nom de ses idées. Et le troisième... parce qu'il a du mal à choisir entre les deux autres. "Sarko, il est trop sûr de lui, dit-il. Le Pen, je ne l'aime vraiment pas, quant à Royal, pas question !" Bref, électeur de Bayrou, peut-être ; mais bayrouiste, sûrement pas ! C'est par rapport aux deux autres qu'il se prononçait. Or au premier tour - Bayrou n'y peut rien, c'est ainsi - les Français choisissent, quant au deuxième ils éliminent. Bayrou, en clair, est un excellent candidat de second tour. Pas de premier. Au risque de me "planter grave", comme dirait mon fils, je me mouille donc : je ne crois pas que le candidat UDF (dont plus de 2/3 des "électeurs putatifs" disent pouvoir changer d'avis) puisse jouer les vrais trouble-fêtes de cette élection. A peine ai-je écrit ça, que déjà, je le regrette un peu : et si, comme ces sondages qui jouent aux "yoyo", je changeais d'avis demain ?
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