Deux films actuellement sur nos écrans. L’un s’intitule « La vie des autres », l’autre « Je crois que je l’aime ». Leur sujet est le même : de l’emploi de l’espionnage au service d’une aventure sentimentale. Dans « La vie des autres », un ministre de la Culture tombe amoureux d’une comédienne et la fait espionner ; dans « Je crois que je l’aime », c’est un chef d’entreprise qui espionne une artiste parce qu’il en est tombé amoureux. Dans le premier film on est terrifié, dans le second on trouve ça très drôle. Où est la différence ? Les caractères, les micros et les caméras ? On peut certes préférer Sandrine Bonnaire à une actrice allemande inconnue, mais en réalité, c’est bien la situation qui change tout. « La vie des autres » se passe en Allemagne de l’Est en 1985, « Je crois que je l’aime » en France de nos jours. Dans un régime totalitaire comme la RDA, le risque c’est le Goulag, l’oubli, la mort ; dans un régime de liberté, on ne risque que d’être ridicule. Dans un cas le drame, dans l’autre la comédie. La comédie peut toujours virer au drame, l’inverse est plus rare. Il a fallu la chute du Mur pour que ce ne soit plus que du cinéma.

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