Qui sème le vent…
Le 05/03/07, par Eric Branca, Directeur délégué de la rédaction | Présidentielle
2002, cinq ans déjà ! Entre les deux tours de la présidentielle, des cortèges déferlant dans la rue avec des panneaux : « Le fascisme ne passera pas ! » « Hitler revient ! » et j’en passe. En cause : la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. Aujourd’hui, la leçon a porté : désignés, voici cinq ans, comme autant de fourriers du fascisme, les maires qui avaient donné leur signature à Le Pen, hésitent ou s’abstiennent ! Et les mêmes qui jetaient des milliers de lycéens dans la rue pour conjurer une menace qui n’existaient que dans leur pauvre imagination, crient à au déni de démocratie parce que Le Pen n’aurait pas ses signatures et qu’il faudrait l’aider à les obtenir… On comprend l’inquiétude des partis « de gouvernement », à commencer par l’UMP: si les 5 millions d’électeurs lepénistes de 2002 se mettent à voter Jeanne d’Arc parce qu’on empêche leur porte-parole d’aller aux urnes, bonjour les dégâts ! Mais il faut aussi se mettre à la place des maires. D’autant que, depuis, 2002, il y a eu la publication obligatoire des parrainages – le vrai déni de démocratie, le voilà ! - sans compter la décentralisation, la généralisation des comités de communes et autres syndicats d’intérêt locaux qui font qu’un maire n’est plus indépendant : le moindre de ses actes est soumis au regard du voisin. Donc à ses rétorsions. « Tu as donné ta signature à le Pen. Eh bien tu repasseras pour la subvention de ta piscine ! » Alors, risquer de devenir le mouton noir de ses pairs pendant encore un an (voire sept, pour les maires qui ont décidé de se représenter en 2008)… Et puis, pour ceux qui auront signé, il n’y aura pas d’instance d’appel. On imagine le maire de droite ayant sauté le pas, dire à son président de Conseil régional (de gauche dans 20 cas sur 22) : « J’ai signé parce que M. Un tel de l’UMP m’a demandé de le faire…»…
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