Une semaine passée à l’étranger, en l’occurrence à New-York, vous fait voir l’actualité française du point de vue de Sirius. Particulièrement, du haut de l’Empire State Building… Déformation professionnelle oblige, bien qu’étant en vacances, je n’ai pu m’empêcher de consulter la presse locale, histoire de vérifier si notre campagne électorale suscite quelque intérêt chez nos confrères américains, et si les poncifs « made in USA » sur notre cher et vieux pays courent toujours. Las, quelle déception pour notre amour-propre : les articles consacrés à la bande des trois, Sarko, Ségo, Bayrou, tiennent une place moins qu’honorable dans la rubrique étrangère. Pas de points de vue très originaux, non plus, si ce n’est une certaine curiosité, voire une sorte de sympathie amusée pour François Bayrou, au motif qu’il appartient à la France rurale et qu’il est, entre autres, éleveur de chevaux de course, profession apparemment mieux vue que celle de bureaucrate issu de l’ENA… Voilà pour la leçon d’humilité. Un séjour à Manhattan permet aussi de prendre quelque distance avec notre sempiternelle propension à s’auto flageller. Non, Paris n’a pas de quoi rougir face à New-York ! Allons plus loin : Paris est une ville resplendissante, fabuleusement propre, magnifiquement entretenue, et, malgré tout, moins embouteillée que la « capital of the world », aux immeubles noirs de crasse, aux avenues creusées de cratères dignes de Dar es Salam, aux trottoirs jonchés de sacs poubelle et hantés par des SDF apparemment plus miséreux que les nôtres. Dernier motif de satisfaction : dans la rue, le nombre d’autochtones comprenant ou parlant un peu le français semble, dans certains quartiers tout du moins, plus important que ceux parlant l’américain. Me le confirmait un New-Yorkais : on peut passer toute sa vie dans la « Grosse Pomme » en ne parlant que l’espagnol, le chinois, ou toute autre langue que celle d’Edith Wharton et d’Henry James …

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