Qu’est qui est plus scandaleux ? Que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal soient pris en flagrant délit de sous-évaluation de leur patrimoine pour leur déclaration à l’ISF où que les détails de leur vie privée soient donnés en pâture au public et que tous deux soient contraints de justifier, qui le paiement de son escalier, qui la surface de son jardin ou l’état de sa résidence secondaire ? Il n’est certes pas convenable que des responsables qui aspirent à diriger l’Etat, fraudent l’impôt. Il n’est pas non plus très normal qu’ils soient obligés de compter leurs petites cuillères en argent et d’étaler leurs affaires de familles devant les médias. Pourtant, si les Français peuvent comprendre, sans l’approuver, le penchant naturel des candidats à dissimuler une partie de leur patrimoine au fisc, ils ne compatissent sûrement pas à la situation embarrassante dans laquelle ils se sont mis. Il y a quelque jubilation à voir nos deux candidats, qui, l’un comme l’autre, ont défendu l’ISF comme un impôt juste, affirmant qu’ils ne le supprimeraient pas s’ils étaient élus, se voir aujourd’hui pris au piège de l’absurdité de son absurdité. Et les Français qui doivent le payer sont tout pareillement victime de ce viol de leur vie privée qui atteint aujourd’hui nos deux candidats. La différence, c’est que eux, ne l’ont pas cherché puisqu’ils ne se posent pas en modèle de vertu et d’intelligence et ne briguent pas les suffrages de leurs concitoyens. On peut toujours rêver que les persécutions dont sont victimes Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy leur feront comprendre la nécessité de supprimer l’impôt imbécile !

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