Impressionnante plongée chez les « vrais gens » hier dans l’Aisne. En 2002, Le Pen était arrivé largement en tête en tête au premier tour chez ces paysans pauvres, patrons de café, employés smicards, ouvriers retraités et jeunes au chômage. Jusqu’à 60 % dans certaines communes ! Eh bien, j’en ai acquis la certitude à l’occasion d'un reportage où nous avons discuté avec des dizaines de personnes : Le Pen, cette fois encore, va faire exploser les compteurs. Ici, pas de tentation Sarkozy, « le candidat des riches et des villes ». A peine un intérêt pour Bayrou : « Au moins lui, il connaît la terre ». Une hostilité absolue à la gauche : « elle s’intéresse plus aux délinquants et aux immigrés qu’à nous. » Tout le monde dans le même panier, ou presque. « A la télé, ils me font rigoler avec leurs promesses. Tout ce qui les intéresse, c’est le pouvoir. » Les mêmes qui avaient voté pour Le Pen en 2002 s’apprêtent donc à récidiver. En se cachant à peine. « Lui au moins, disent-ils, on ne l’a jamais essayé. Peut-être que ce sera moins pire qu’avec les autres. » J’ai été surpris par leur colère et leur détermination. Nous ferions bien, nous autres journalistes, de nous détacher un peu des sondages et de nous intéresser plus aux « vrais gens ». Lesquels, disent-ils, ne sont « jamais sondés ».

 Suivre le fil de cette discussion par RSS