Près de 80 000 Marseillaise chantées à plein poumons (avec quelques centaines de O Flower of Scotland). L’affirmation identitaire s’est montrée joyeuse et sans complexe, sans la moindre once de repentance, avec un respect total de l’adversaire : c’était le 17 mars à Saint-Denis, dans l’enceinte du Stade de France, où l’on siffla naguère la Marseillaise lors d’un consternant match de foot France-Algérie. Des spectateurs venus de la France entière ont apporté leur soutien aux Bleus et rendu hommage aux efforts consentis pour arracher la victoire sur l’Ecosse et la première place dans ce Tournoi des six nations. Cet engouement annonce une magnifique Coupe du monde de rugby 2007, accueillie en terre française à partir du 7 septembre prochain. Au moment où les avants français enfonçaient les lignes écossaises, portés par la houle irrésistible de Marseillaise à répétition, enflait la polémique sur la création d’un ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration. Le pays réel rassemblé à Saint-Denis a répondu à sa façon. Je l’ai vu savourer une victoire tricolore et communier dans les valeurs du rugby – volonté de réussite individuelle et esprit d’équipe, sens du combat et respect de l’adversaire. Il a effacé les clameurs de nos banlieues et les frayeurs de nos intellos. La France a toujours eu le secret de ces polémiques idéologiques. Elle en a aussi la quasi exclusivité dans le monde. Ailleurs, on ne s’interdit jamais d’exalter les valeurs et l’identité nationales. Surtout dans les pays les plus prompts à faire tous les reproches à la France.

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