Toute l’Europe se réunit à Berlin pour célébrer le cinquantenaire du traité de Rome. A Berlin ! La ville symbole de la guerre civile européenne, celle où s’est déclenché le pire des cataclysmes du XXème siècle, est ainsi devenue la capitale d’une Allemagne réunie, pacifiée, accueillante, européenne. En cinquante ans, l’Union née à Rome est passée de six à vingt-sept membres. A-t-elle grandi trop vite ? Cette construction a subi un coup d’arrêt brutal, le 29 mai 2005, quand les Français, suivis par les Néerlandais, ont dit non par referendum au traité constitutionnel. Depuis, tout est suspendu. Les trois candidats en tête des intentions de vote, Sarkozy, Royal et Bayrou, avaient tous voté oui ; cela ne les empêche pas d’être maintenant les favoris. Mais n’est-ce pas parce qu’ils ne parlent plus de l’Europe ou quasiment pas ? Le plus fédéraliste des trois, François Bayrou, n’y fait que des allusions sommaires, comme si cela ne faisait plus partie de la campagne. Mais quelle importance après tout ? Pour l’essentiel, c’est à Bruxelles que se décident les grands choix qui dictent nos politiques nationales. En cinquante ans, les institutions européennes ont pris le pas sur les nôtres dans la plupart des domaines.

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