Le 30/04/07,
par Bruno de Cessole,
Rédacteur en chef Culture | Général
Les dés du suffrage universel ont roulé : ce sera, la semaine prochaine, ou Sarko ou Ségo, et tant pis pour les citoyens que la perspective d’avoir à choisir entre les deux ne porte pas à l’euphorie. A cet égard, soulignons qu’il est pour le moins anormal que, dans la prétendue démocratie qui est la nôtre, le vote blanc ne soit pas comptabilisé comme une expression politique à part entière. Passons… De l’un des candidats, le programme et la personnalité suscitent de notre part un total rejet. De l’autre, si le programme nous agrée, la personnalité ne me séduit pas complètement, et c’est un euphémisme. Manque de pondération, de maîtrise de soi, difficulté à dialoguer, tendance à la démagogie, confusion entre le désir de pouvoir et le service de la « res publica », doute sur ses capacités à affronter une crise internationale… Comme un vin de garde, il gagnerait à vieillir quelques années de plus en cave avant d’exercer la magistrature suprême. Reste à espérer que, comme le pensaient les physiologistes du dernier siècle, la fonction créera l’organe, quel que soit le vainqueur du scrutin.
Le 27/04/07,
par Frédéric Paya,
Rédacteur en chef Adjoint | Présidentielle
Voir la vitesse à laquelle s’est développée l’hystérie anti Sarkozy laisse songeur, comme la (très) faible profondeur de pensée des tenants du TSS (Tous sauf sarko) avec lesquels il serait vain d’avoir ne serait ce qu’une ébauche de dialogue. Que répondre à des personnes qui, transpirant la haine, n’ont pour seul discours que « avec Sarkozy président, il n’y aura plus de liberté, plus de culture, c’est un facho ! » ? Malheureusement, on risque d’entendre encore cette phrase pendant pas mal de temps. D’abord ce week-end : une manifestation anti Sarkozy est organisée à l’initiative d’un nouveau collectif « Stop Sarkozy » qui, dans les grandes traditions syndicales, appelle à manifester entre Nation et République. Puis le 4 mai : fort de ses 483 008 voix - à ce niveau, certains candidats en profiteraient pour se faire oublier… - José Bové monte à Paris pour manifester contre Nicolas Sarkozy « sous formes d’expressions artistiques libres ». Les McDo de la capitale peuvent craindre le pire… Toutes ces manifestations de haine à l’égard d’un homme que l’on peut aimer ou ne pas aimer, font décidément injure au suffrage universel, fondement de notre démocratie, et surtout aux 11,45 millions d’électeurs qui ont voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour. Face à cette hystérie irrationnelle qui s’exprime le plus souvent chez les tenants du TSS par une vacuité des arguments et par une fin de non recevoir, on en vient à se demander si fascisme ne serait justement pas le fait de ceux qui le dénoncent.
Le 26/04/07,
par David Victoroff,
Rédacteur en chef Economie Finance | Général
Oublions un peu la politique et reparlons d’amour. Le président de la banque mondiale, Paul Wolfowitz, celui-là même qui voulait punir la France pour s’être opposée à l’intervention américaine en Irak, risque à son tour d’être sanctionné. Il est accusé d’avoir une maîtresse au sein de la banque et d’être intervenu en sa faveur pour lui faire obtenir un poste très bien rémunéré au département d’Etat ! Certains jugent qu’il est maintenant mal placé pour conduire la croisade anticorruption qu’il a lui-même lancée, conditionnant les prêts de la banque aux pays en développement à l’honnêteté de leur gouvernement (sans doute pour réduire les engagements de cet établissement). On comprend l’indignation soulevée par la conduite de M. Paul Wolfowitz. Jamais on ne verrait en France un dirigeant haut placé avoir une relation extraconjugale et profiter de sa fonction pour lui consentir la moindre faveur. Paul Wolfowitz a d’ailleurs reconnu ses torts et s’est excusé. Il juge d’ailleurs que ses excuses suffisent et refuse de partir. Là encore, quelqu’un dont plus personne ne veut qui s’accroche à son poste, c’est du jamais vu ! Aux dernières nouvelles il s’est adjoint les conseils de Bill Clinton, un expert en « romantic affairs » comme disent les anglo-saxons. C’est effectivement plus romantique que le dialogue Sarko-Sego.
Le 25/04/07,
par François d’Orcival,
Président du Comité éditorial | Présidentielle
L’anecdote est racontée par le « Canard enchaîné », et elle est recoupée auprès de plusieurs sources. La scène se passe dimanche soir, rue de Solferino, au siège du parti socialiste, assiégé par les sympathisants. Le bureau national est réuni, entre dirigeants et « éléphants », pour examiner gravement les chiffres. Ségolène Royal est encore sur la route de Melle à Paris. Elle appelle Jean-Louis Bianco. Elle raccroche. « Qu’est-ce qu’elle dit ? Qu’est ce qu’elle dit » demande Hollande. « Elle demande à tous ceux qui vont aller sur les plateaux de télévision, dit Bianco, de rappeler qu’elle est compétente, qu’elle a été plusieurs fois ministre et qu’elle connaît d’autres chefs d’Etat que Zapatero ».
Voilà la personne « compétente » qui va affronter Sarkozy le 6 mai ; et c’est à elle que l’on remettrait la décision nucléaire, le droit de veto au conseil de sécurité des Nations unies, la présidence du conseil de la magistrature ? Sa négociation avec Bayrou se situe d’ailleurs à la même altitude. Beaucoup de Français s’en étaient déjà rendus compte, les autres ne vont pas tarder.
Le 24/04/07,
par Laurent Dandrieu,
Rédacteur en chef adjoint Culture | Présidentielle
Ainsi donc, Nicolas Sarkozy a magistralement réussi son hold-up sur l’électorat lepéniste, bien aidé il est vrai par la stratégie concoctée par Marine Le Pen, consistant à transformer son père en un vieillard bonasse et patelin – or, avait reconnu Jean-Marie Le Pen lui-même dans un moment de doute, « un Le Pen gentil, ça n’intéresse personne ». Stratégie qui, empêchant Le Pen d’attaquer Sarkozy frontalement (il ne l’a fait qu’en fin de course, pressentant sans doute l’hémorragie), l’a empêché de fixer son électorat. Le hold-up n’est pas fini : dans son discours de Dijon hier soir, Sarkozy s’est payé le luxe de reprendre à son compte la vieille formule lepéniste : « Je dis tout haut ce que les gens pensent tout bas. » C’est que le candidat de l’UMP sait bien qu’en politique, un butin n’est jamais acquis. Et n’oublie pas que les reports de voix du noyau dur lepéniste, celui qui n’a pas cédé à ses sirènes au premier tour, devront être chèrement gagnés. Mais il faudra qu’il n’oublie pas non plus, une foi élu, que s’il suit les désastreux précédents de Giscard et Chirac, qui ont toujours préféré flatter leurs adversaires à complaire à leurs électeurs, ceux-ci auront bientôt fait de retourner en masse vers Le Pen ou ses successeurs. Un hold-up électoral réussi, ça force toujours l’admiration. A Nicolas Sarkozy de faire en sorte qu’il n’apparaisse pas, un jour, comme une escroquerie.
PS : Et maintenant, une page d’autopublicité. J’étais la semaine dernière sur KTO l’invité de l’émission Eglises du monde. Pendant encore quelques jours, ceux que ça pourrait amuser peuvent la voir là. http://www.ktotv.com/video_data.php3?numero=1607
Le 23/04/07,
par Arnaud Folch,
Rédacteur en chef adjoint Politique | Présidentielle
Sans doute Le Pen doit-il ressentir un profond sentiment d’injustice. Ce sont ses idées et ses thèmes qui ont été plébiscité (sur l’immigration, la sécurité, la rupture avec le système…) et c’est Sarkozy qui en profite ! Comme me le résumait un sondeur, dimanche après-midi à l’annonce des premiers résultats officieux : « Le Pen a été tondu par Sarko ». Le candidat UMP en avait fait son objectif. Il est atteint. Mais le président du FN n’en porte-t-il pas lui-même une part de responsabilité ? N’a-t-il pas commis la même erreur que Jospin (celui-là même qu’il avait éliminé) en 2002 ? Obnubilé par le second tour (qu’il considère n’avoir pu véritablement disputer en 2002), Le Pen a « oublié » de mener une vraie campagne au premier. A Sarkozy, les « provocs » et les campagnes de « haine » de la gauche et de l’extrême gauche - bref, le hors système ; à Le Pen la posture du vieux Sage, d’abord attaché à se « dédiaboliser » en prévision du second tour. Au risque de se faire chiper ses fondamentaux. Comme le « rassembleur » Jospin annonçant que son programme n’était pas socialiste (et qui avait vu ses électeurs se disperser). En 2002, Le Pen ne s’était pas préparé au second tour. Cinq ans après il s’y est trop préparé.
Le 20/04/07,
par Laurent Dandrieu,
Rédacteur en chef adjoint Culture | Présidentielle
A deux jours du premier tour, il est de plus en plus difficile d’y voir clair, avec des sondages qui donnent des tendances toujours aussi contradictoires, et une proportion d’indécis qui reste élevée. Incertitude qui se reflète jusque dans un concours de pronostics au sein de la rédaction de votre hebdomadaire préféré, où l’on s’aperçoit que nos journalistes envisagent des issues souvent très différentes les unes des autres. Aussi est-on tenté de chercher d’autres indicateurs que les sondages ; et chacun d’y aller de son anecdote, de sa conversation de bistrot ou de marché, de sa remontée d’"information de terrain". Et certains de voir un signe dans le succès exceptionnel du numéro de Marianne consacré au « Vrai Sarkozy », qui ayant épuisé ses deux premiers tirages, soit 360 000 exemplaires, a dû effectuer une mise en place supplémentaire de 80 000 numéros ! Ce qui devrait assurer plus d’un million de lecteurs à ce portrait à charge où l’amoncellement, sur une douzaine de pages, de "petits faits vrais", comme disait Stendhal, sur les aspects "effrayants" de la personnalité du candidat de l’UMP, produit un effet d’accumulation d’une redoutable efficacité. Si on y ajoute le succès, moindre mais réel, du numéro de Libé de mercredi, titré « l’Inquiétant M. Sarkozy », on se demande si ses adversaires n’auraient pas enfin trouvé, in extremis, un angle d’attaque qui fait mouche. Et promet, en cas d’affrontement Sarkozy-Royal, un entre-deux tours électrique.
Le 18/04/07,
par François d’Orcival,
Président du Comité éditorial | Présidentielle
Ségolène Royal ne répond pas aux questions de « Valeurs actuelles » (« Quelle France aimez-vous ? ») ni à celles du « Figaro » ni même de « Télérama » ou d’Europe 1. Elle les évite parce qu’elle sait n’avoir que de mauvaises réponses à de bonnes questions. De deux choses l’une désormais : ou bien elle se qualifie dimanche pour le second tour et il faudra bien qu’elle affronte le face à face télévisé avec son adversaire de droite : elle ne pourra pas échapper à ses interpellations sauf à perdre la face devant le public qui sera sans pitié. Ou bien elle ne se qualifie pas et on ne lui posera plus aucune question ; elle pourra toujours regretter de n’avoir pas procédé, partout, aux efforts d’explication nécessaires. La vérité est que chez elle la fuite devant les questions précises et dérangeantes est un défaut d’origine. Elle se prend pour Mitterrand qui réservait ses entretiens à qui il avait envie. Mais une fois élu ! Pour se faire élire au contraire, il prenait un soin minutieux à répondre à chacun ; il ne négligeait personne. Et en particulier pas « Valeurs actuelles ».
Le 17/04/07,
par Laurent Dandrieu,
Rédacteur en chef adjoint Culture | Présidentielle
La gauche et le centre ont poussé des cris d’orfraie quand Nicolas Sarkozy a remis au centre de la campagne le thème de l’identité nationale, dont l’évocation a choqué comme une obscénité lancée par un bambin à la table d’une famille bourgeoise. La suite a pourtant montré qu’il n’y avait pas de quoi fouetter une orfraie et que le gros mot est surtout un mot fourre-tout, un mot-auberge espagnole où chacun apporte ce que lui inspire son caprice, un corbillon où chacun peut mettre ce que lui dicte la rime avec les oracles des sondages. Aussi quand on a dit "identité nationale", n’a-t-on rien dit tant qu’on n’a précisé ce qu’on entend par là. C’est donc avec intérêt qu’on a regardé le clip de campagne où Nicolas Sarkozy énumère les valeurs françaises que les immigrés, selon lui, devraient être appelés à respecter : parmi celles-ci, celui qui lundi 16, chez PPDA, citait Jean-Paul II parmi les personnes qui l’ont le plus inspiré, mentionne en bonne place le « droit à l’avortement ». « Cela fait partie, précise-t-il, de notre identité. » Oui, la gauche avait bien tort de s’indigner : cette identité-là n’a rien pour l’inquiéter.
Le 16/04/07,
par Fabrice Madouas,
Rédacteur en chef adjoint Société | Présidentielle
Meeting de Jean-Marie Le Pen, le 15 avril, au Palais des sports de Paris. Dehors, sous un soleil de plomb, 1 000 personnes, qui ne pourront pas entrer : la salle est pleine à craquer. Dedans, 6 000 électeurs et militants. Derrière moi, une jeune femme enceinte de six mois agite frénétiquement trois petits drapeaux français. Devant, un jeune homme bien mis, polo de rugby et pantalon de toile écrue, cède obligeamment sa place à une vieille dame. Du discours de Le Pen, long d’une heure et demie, télés et radios n’ont retenu que la petite phrase sur Nicolas Sarkozy et la « racaille politicienne ». Mais rien sur son analyse du déclin de la France : la dette publique « passée de 165 milliards de francs en 1970 à 1 200 milliards d’euros aujourd’hui » ; la faillite de l’Education nationale « verrouillée par des syndicats marxistes » ; l’immigration que bien des ministres ont prétendu tarir depuis trente ans. Rien non plus, à la télé, sur son idée de la France : « L’amour de la patrie, dit-il, c’est le cœur de la fonction présidentielle. Chaque paysage m’évoque sa beauté et sa grandeur, les actions des quarante rois, des empereurs et des Républiques, et à partir de ses racines chrétiennes, le long déroulement d’une histoire humaine exceptionnelle ». Et quand il quitte son pupitre pour déclamer un poème de Charles d’Orléans (« Le temps a laissé son manteau / De vent, de froidure et de pluie / Et s’est vêtu de broderies / De soleil luisant, clair et beau »), on se dit que Le Pen, quoi qu’on pense de lui, a cet avantage sur les autres candidats de connaître par cœur certains de nos grands poètes.
Le 16/04/07,
par Frédéric Paya,
Rédacteur en chef Adjoint | Présidentielle
Depuis un mois, je n’ose plus remonter mes manches de peur que les passants ne se demandent d’où proviennent les bleus sur mes avants bras. Car il faut bien le reconnaître, les motifs de ses les pincer pour s’assurer qu on ne rêve pas, se multiplient... A peine estompés les bleus (à l'âme) consécutifs au conflit du port de Marseille et à sa résolution, voici un autre motif : en début de semaine, les postiers, rangés non pas sous le drapeau français comme le voudrait Ségolène Royal, mais sous les étendards de Sud, de la CGT, de FO et de la CFCT, se sont mis en grève. La raison ? Un surcroît de travail relatif à la distribution des plis électoraux et professions de foi… Je leur concède qu’il y a encore peu, ils n’effectuaient ce travail – de service public – que tous les sept ans, mais avec le quinquennat, cette distribution s’avère donc plus prenante. Soit ! Mais le plus étonnant est d’appendre que pour cette tâche comprise dans leur tournée quotidienne ils sont rémunérés en heures supplémentaires, 9 euros de l’heure (soit selon Sud, de 8 à 17 centimes le pli de 125 grammes). Les syndicats voudraient que les agents soient rémunérés deux fois plus. A l’heure où les syndicats protestent contre ce qu’ils appellent « la casse du service public », il est plaisant d’apprendre que les français résident à l’étranger ont pratiquement tous reçu directement dans leur boite aux lettres électroniques, donc par internet, les programmes des candidats à l’élection présidentielle.
Le 16/04/07,
par Frédéric Pons,
Rédacteur en chef Monde | Présidentielle
Nos cabinets ministériels tournent au ralenti. Les agendas de nos ministres le prouvent. Pour Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, la semaine officielle se résumait à deux activités programmées ce mercredi 18 avril : 9 h 15, entretien à l’Hôtel de Brienne avec Hamlaoui Mekachera, ministre délégué aux Anciens combattants ; 10 h 00, Conseil des ministres, au Palais de l’Élysée. M. Mekachera devait être plus occupé. En plus du rendez-vous avec Mme Alliot-Marie et le Conseil des ministres, il avait à célébrer, ce lundi 16 avril à 10 h 30, le 90e anniversaire des combats du Chemin des Dames au Mémorial de Cerny en Laonnois, dans l’Aisne. Plus rien ensuite. On peut au moins être sûr d’une chose : en ces temps troublés, pas seulement sur le plan électoral, tout est fait pour que nos ministres restent zen et qu’ils aient le temps de préparer leurs cartons.
Le 13/04/07,
par Arnaud Folch,
Rédacteur en chef adjoint Politique | Présidentielle
Qui s’en émeut ? A la faveur de la campagne officielle, Bové et Schivardi, les Dupont et Dupond de l’extrémisme, ont inondé les écrans télés de leur proposition « phare » : la nationalisation autoritaire – « l’expropriation », disent-ils - de la plupart des grands « moyens de production ». « Sur le modèle d’Hugo Chavez et de Castro » a même précisé Schivardi. C'est-à-dire par la violence. La France basculerait ainsi d’un coup dans le camp des dictatures de type marxiste. Sa parole reniée. Le chaos assuré. Notre pays mis au ban des nations civilisées. On me dira que Bové ou Schivardi, pas plus que Laguiller ou Besancenot (qui tiennent quasiment les mêmes discours) n’ont de chance d’être élu. C’est vrai. Reste que leurs propos ne semblent choquer personne, ni dans la classe politique ni dans les médias. Et que ces apprentis despotes apporteront au second tour, pour la plupart, leurs voix à la candidate de gauche (si elle est qualifiée) comme ils l’ont toujours fait. Et que cela ne gênera pas Royal – la première à dénoncer une pseudo « connivence » entre Sarkozy et Le Pen !!!
Le 12/04/07,
par David Victoroff,
Rédacteur en chef Economie Finance | Général
Merci à vous qui, bloqués à l’aéroport dans une zone wifi, en profitez pour consulter notre blog. Et merci aux contrôleurs aériens en grève de vous donner cette occasion de vous instruire. Une poignée de fonctionnaires de la tour de contrôle d’Orly et du centre d’Athis-Mons se permet de perturber le trafic européen pour protester contre un regroupement, à partir de 2011, dans un seul centre de contrôle. Pour ce faire, les grévistes invoquent l’intérêt supérieur du service public et, bien entendu, votre sécurité. Si vous êtes cloués au sol, au moins, vous ne risquez pas de tomber ! On veut bien croire à la noblesse des mobiles invoqués. Car une récente étude de Sauvegarde retraites (www. sauvegarde-retraites.org) nous apprend que les contrôleurs aériens n’ont vraiment aucun motif de se plaindre de leur situation matérielle. Une semaine de travail de 32 heures, dont 25% de temps de repos, 54 jours de congés annuels, un traitement de fin de carrière de 3 688 euros en 2007 qui sera porté à 4327 euros d’ici 2009, une retraite au plus tard à 57 ans et une retraite qui passera de 4218 euros au 1 juillet 2007 à 4500 euros au 1er juillet 2009 en euros constant. Certes, ce ne sont pas les indemnités de Forgeard, mais beaucoup de salariés s’en contenteraient. Douce France !
Le 11/04/07,
par François d’Orcival,
Président du Comité éditorial | Général
On sait maintenant que le conseil d’administration du groupe EADS a versé il y a un an une indemnité de 6 millions d’euros à Noël Forgeard pour se séparer de lui. Il continue de peser sur lui un soupçon de délit d’initié qui dépend d’une enquête de l’Autorité des marchés financiers. Mais cette seule indemnité de 6 millions d’euros fait naturellement sauter au plafond. Capitalisme immoral et indigne, tous les qualificatifs vont y passer ; en pleine campagne présidentielle, on va crier encore plus fort. C’est justifié. Mais ne pourrait-on pas pour autant regarder les choses sous un autre angle sans s’arrêter à cette seule indemnité dont le motif paraît extravagant ? Que dirait le bon sens ? Puisqu’il les a ces 6 millions d’euros – dont il faut tout de même déduire l’impôt sur le revenu, cotisation indirectement versée par EADS à l’Etat français – ne vaudrait-il pas mieux qu’il les dépense en France ? Au moins cela ferait travailler nos salariés dans l’industrie, le bâtiment, les services… Au contraire, avec notre ISF, nous allons le pousser à partir pour l’étranger en emmenant son patrimoine avec lui. Nous continuerons toujours à nous indigner mais ce sont les Suisses ou les Belges qui auront l’argent…