Morale et bon sens
Le 11/04/07, par François d’Orcival, Président du Comité éditorial | Général
On sait maintenant que le conseil d’administration du groupe EADS a versé il y a un an une indemnité de 6 millions d’euros à Noël Forgeard pour se séparer de lui. Il continue de peser sur lui un soupçon de délit d’initié qui dépend d’une enquête de l’Autorité des marchés financiers. Mais cette seule indemnité de 6 millions d’euros fait naturellement sauter au plafond. Capitalisme immoral et indigne, tous les qualificatifs vont y passer ; en pleine campagne présidentielle, on va crier encore plus fort. C’est justifié. Mais ne pourrait-on pas pour autant regarder les choses sous un autre angle sans s’arrêter à cette seule indemnité dont le motif paraît extravagant ? Que dirait le bon sens ? Puisqu’il les a ces 6 millions d’euros – dont il faut tout de même déduire l’impôt sur le revenu, cotisation indirectement versée par EADS à l’Etat français – ne vaudrait-il pas mieux qu’il les dépense en France ? Au moins cela ferait travailler nos salariés dans l’industrie, le bâtiment, les services… Au contraire, avec notre ISF, nous allons le pousser à partir pour l’étranger en emmenant son patrimoine avec lui. Nous continuerons toujours à nous indigner mais ce sont les Suisses ou les Belges qui auront l’argent…
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