La gauche et le centre ont poussé des cris d’orfraie quand Nicolas Sarkozy a remis au centre de la campagne le thème de l’identité nationale, dont l’évocation a choqué comme une obscénité lancée par un bambin à la table d’une famille bourgeoise. La suite a pourtant montré qu’il n’y avait pas de quoi fouetter une orfraie et que le gros mot est surtout un mot fourre-tout, un mot-auberge espagnole où chacun apporte ce que lui inspire son caprice, un corbillon où chacun peut mettre ce que lui dicte la rime avec les oracles des sondages. Aussi quand on a dit "identité nationale", n’a-t-on rien dit tant qu’on n’a précisé ce qu’on entend par là. C’est donc avec intérêt qu’on a regardé le clip de campagne où Nicolas Sarkozy énumère les valeurs françaises que les immigrés, selon lui, devraient être appelés à respecter : parmi celles-ci, celui qui lundi 16, chez PPDA, citait Jean-Paul II parmi les personnes qui l’ont le plus inspiré, mentionne en bonne place le « droit à l’avortement ». « Cela fait partie, précise-t-il, de notre identité. » Oui, la gauche avait bien tort de s’indigner : cette identité-là n’a rien pour l’inquiéter.

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