Sans doute Le Pen doit-il ressentir un profond sentiment d’injustice. Ce sont ses idées et ses thèmes qui ont été plébiscité (sur l’immigration, la sécurité, la rupture avec le système…) et c’est Sarkozy qui en profite ! Comme me le résumait un sondeur, dimanche après-midi à l’annonce des premiers résultats officieux : « Le Pen a été tondu par Sarko ». Le candidat UMP en avait fait son objectif. Il est atteint. Mais le président du FN n’en porte-t-il pas lui-même une part de responsabilité ? N’a-t-il pas commis la même erreur que Jospin (celui-là même qu’il avait éliminé) en 2002 ? Obnubilé par le second tour (qu’il considère n’avoir pu véritablement disputer en 2002), Le Pen a « oublié » de mener une vraie campagne au premier. A Sarkozy, les « provocs » et les campagnes de « haine » de la gauche et de l’extrême gauche - bref, le hors système ; à Le Pen la posture du vieux Sage, d’abord attaché à se « dédiaboliser » en prévision du second tour. Au risque de se faire chiper ses fondamentaux. Comme le « rassembleur » Jospin annonçant que son programme n’était pas socialiste (et qui avait vu ses électeurs se disperser). En 2002, Le Pen ne s’était pas préparé au second tour. Cinq ans après il s’y est trop préparé.

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