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Intérêts déductibles (suite)

François Hollande somme le gouvernement de préciser avant les élections les modalités de la déduction des intérêts d’emprunt pour l’acquisition d’une résidence principale. Hésite-t-il encore avant de voter pour la majorité présidentielle ? Il est assez savoureux de voir le premier secrétaire du parti socialiste intimer à ses adversaires l’ordre de préciser une mesure ponctuelle alors que son propre camp n’est pas capable de dire quel est son programme. Sauf si c’est le programme du parti socialiste, auquel cas il faut le dire ! Les Français ont peut-être oublié qu’il se propose de revenir sur les quelques baisses d’impôt consenties par la législature qui s’achève. Cela dit, il est vrai que la multiplication des déclarations contradictoires sur cette mesure donne le tournis. Sarkozy a été obligé de préciser qu’elle ne s’appliquerait pas à partir du 6 mai, comme l’avaient dit ses ministres, mais concernerait tous les contrats en cours, ce qui est une bonne chose. L’un de ses conseillers, Henri Guaino, a déclaré qu’il y aurait forcément un plafond « car on ne peut pas déduire les intérêts pour l’achat d’un hôtel particulier dans le centre de Paris ou un château en Sologne ». Et pourquoi pas ? A partir de combien de pièces Monsieur Guaino considère-t-il qu’il est indécent de se loger ? Le plus grand défi du nouveau pouvoir, s’il veut vraiment faire la rupture, sera d’échapper aux experts en équité.

Quels contre pouvoirs ?

La gauche demande aux électeurs de lui donner des « contre pouvoirs ». C’est le grand slogan de la campagne législative des socialistes et de leurs alliés: « Ne laissons pas tout à Sarkozy ! » On a même entendu Dominique Strauss-Kahn citer en exemple, à la réunion du Zénith, les manifestations « puissantes » contre le CPE qui ont conduit le gouvernement à renoncer à son projet. Mais où est la démocratie ? Si Sarkozy a été élu le 6 mai avec 19 millions de voix et plus de 2 millions de voix d’avance sur sa concurrente, il l’a été sur un programme ; et pour le mettre en œuvre, il a besoin d’une majorité parlementaire. C’est la logique même de ce qui a été voulu par Jospin et les socialistes, en fusionnant le quinquennat présidentiel et les élections législatives. Une même élection à quatre tours. Pourquoi les électeurs devraient-ils se déjuger d’un tour à l’autre ? Le président élu gouverne avec ceux qu’il nomme ministre et premier ministre et sa majorité parlementaire. Cela forme un tout et c’est la démocratie : la loi de la majorité. Quant aux contre pouvoirs, ils existent bien : les socialistes gouvernent vingt-et-une régions sur vingt-deux, ils gouvernent aussi Paris, Lille, Lyon, Nantes et bien d’autres municipalités. Qu’ils fassent donc la démonstration de leurs compétences dans ces villes et ces régions. La droite ne prétend pas s’opposer à eux dans la rue…

Simplifié

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, la moindre des surprises n’était pas de constater que les électeurs français, qui à 55 % s’étaient prononcés en mai 2005 contre le projet de Constitution européenne, avaient voté deux ans plus tard, à plus de 75 %, pour des candidats qui y étaient favorables, et ne cachaient ni les uns ni les autres, sous des modalités différentes, leur intention de faire rentrer par la fenêtre le texte qui avait été éjecté par la porte. Non que les Français aient changé d’avis sur la question, mais l’enjeu européen, dans cette élection présidentielle, s’était trouvé noyé sous d’autres thèmes plus quotidiens. A peine élu, Nicolas Sarkozy s’est donc attelé à son projet de "traité simplifié", dont il s’est entretenu hier avec Romano Prodi. Il s’agit, nous dit-on, de faire sortir l’Europe du "blocage" – comme si les institutions européennes avaient brutalement cessé de fonctionner au lendemain du "non" français ; comme si, surtout, c’était répondre au rejet que marque l’opinion pour l’esprit actuel de la construction européenne que s’obstiner à aller plus loin dans la même direction. Ce traité simplifié, écrit le Figaro, ne comprendra "que les principales dispositions" (sic) du traité rejeté par les électeurs - donc pas la peine de les redéranger pour si peu : à traité simplifié, il faut un "oui" simplifié, octroyé par un Parlement acquis d’avance. « La simplicité, écrit Henry Adams, est la maîtresse la plus trompeuse qui ait jamais trahi un homme. »

Le chantier de la justice

J’évoquais la semaine dernière la nécessaire réforme de l’Éducation nationale ; il est un autre chantier auquel le gouvernement devrait immédiatement s’attaquer : celui de la Justice. Les corporatismes n’y sont pas moins forts, et l’on a vu le Syndicat de la magistrature, très à gauche, faire échouer bien des réformes. Mais pourra-t-on continuer plus longtemps ? Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy avait provoqué la colère de nos syndicalistes en robe (noire) en regrettant qu’ils ne sévissent pas plus sévèrement contre les multirécidivistes. Il y a pourtant beaucoup à faire. Dans Justice, la bombe à retardement (paru en avril chez Robert Laffont), trois journalistes, Olivia Recasens, Jean-Michel Décugis et Christophe Labbé décrivent les coulisses du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). « C’est dans ce tribunal qu’est instruit le dossier de Zyed et Bouna, les deux adolescents électrocutés dans un transformateur de Clichy-sous-Bois, un drame à l’origine des émeutes de 2005, qui ont embrasé les banlieues et conduit à l’instauration de l’état d’urgence. C’est à Bobigny aussi que comparaîtront les bourreaux de Yamine, 19 ans, tabassé à mort dans la cave d’une cité et étouffé avec un sac plastique enfoncé dans la gorge. Mais il y a aussi les violences faites aux femmes. C’est ici que sera jugé le jeune Pakistanais qui a aspergé d’essence Chahrazad, 18 ans, et l’a brûlé à 60%, le 13 novembre 2005, à Neuilly-sur-Marne. C’est encore dans le 9-3, où 30% de la population a moins de 20 ans, que pointe avec plus d’acuité qu’ailleurs le problème des mineurs délinquants ». Justement, le gouvernement veut abaisser à 16 ans l’âge de la majorité pénale et instaurer des “peines plancher” pour les multirécidivistes. A lire la liste des affaires traitées à Bobigny, pas sûr cependant que la réponse pénale soit suffisante.

Une journée avec Marine Le Pen

Passé la journée d’hier dans le Pas-de-Calais à suivre Marine Le Pen, candidate aux législatives, pour V.A. (le reportage passera la semaine prochaine). Il faut vraiment se pincer pour le croire : sur les deux à trois cents personnes qu’elle a rencontré ce jour-là (marchés, commerçants, porte à porte…), seuls… deux ont refusé de lui serrer la main ! Les autres, tous les autres, l’accueillaient comme une star : « Bon courage ! », « comme vous êtes jolie ! », demande de photos souvenirs, d’autographes… Question : cette sympathie affichée va-t-elle se transformer en vote dans les urnes ? Si oui, ce sera la preuve que la carte de la « dédiabolisation » du FN aura été la bonne – l’échec de Le Pen à la présidentielle n’étant qu’un incident de parcours, dû, pour l’essentiel, au talent de Sarkozy. Si non, la stratégie de « dédiabolisation » aura été un échec – le FN « gentil », devenu (presque) comme les autres, perdant sa raison d’être. Outre son avenir personnel, le résultat de Marine Le Pen indexe le futur positionnement du FN – et, sans doute, son avenir.

Enfin une bonne rétroactivité !

En annonçant que les intérêts d’emprunts pour l’acquisition d’une résidence principale seront déductibles des revenus à concurrence de 20 %, le nouveau ministre du budget, Eric Woerth, confirme la promesse faite par Nicolas Sarkozy. Certes, on peut déplorer ce plafond de 20 %. Après tout, les entreprises peuvent déduire l’intégralité des intérêts qu’elles paient pour le calcul de leur bénéfice imposable. Mais ne boudons pas notre plaisir face à cette mesure qui constitue un progrès pour aider à accéder à la propriété. Et ne reprochons pas, pour une fois, la rétroactivité de la loi fiscale au 6 mai. L’impôt est une mesure pénalisante et, en droit pénal, toute disposition favorable à l’accusé, en l’occurrence celui qui travaille pour vivre, doit lui profiter. Et si l’élection de Nicolas Sarkozy doit marquer une nouvelle étape dans la baisse des impôts, le 6 mai mérite d’être marqué d’une pierre blanche. Attendons, toutefois, de connaître les modalités d’application de la mesure. On s’en veut presque d’être sceptique, mais les bureaux de Bercy et les experts de la commission des finances de l’Assemblée, même de droite, nous ont habitué à tant de duplicité fiscale que le doute systématique est nécessaire.

La libération des idées

C’est devant les élus du principal parti de droite au Parlement, dans les jardins de Matignon, que l’on a entendu, ce 22 mai, un premier ministre dire ceci : « La gauche n’a pas seulement perdu une élection, elle a par son refus d’ouvrir les yeux sur le monde, par son conservatisme borné, perdu la bataille idéologique. Elle a perdu la bataille des valeurs. Pour tout dire, elle a perdu son magistère intellectuel et moral… » Si le premier ministre le dit, alors tout le monde peut le dire et l’écrire et plus seulement le penser ! Quelle libération ! Jusque là on en rêvait, cette présidentielle l’a fait. Depuis, il n’est plus « incorrect » d’assumer ses convictions et ses valeurs de droite. On n’est plus obligé de chercher ses mots pour habiller ses idées. Le « politiquement correct » va passer de mode. Vous allez voir comment les commentaires de radio et de télévision vont changer de ton et de contenu. Naturellement, il y a aura de la résistance. Symbolique : les professeurs de l’histoire officielle de l’immigration, la crème de l’« historiquement correct », ont préféré démissionner à l’arrivée du nouveau ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale. Ils ont bien fait. Au moins celui-ci ne sera pas obligé de provoquer une crise pour s’en séparer.

Family Pride

Arrivé à Rome le 11 mai pour quelques jours de vacances, les journaux m’y apprennent la tenue, le lendemain, d’une grande manifestation en défense de la famille, le “Family Day”. Sur la place qui borde Saint-Jean-de-Latran, où se tient le rassemblement, je m’attendais à trouver quelques dizaines de milliers de personnes : je me heurte à une foule immense, que les journaux italiens, de gauche comme de droite, évalueront à un million de personnes, emplissant la place, une après-midi entière, de leurs chants et de leurs applaudissements ! Plusieurs centaines d’associations laïques, soutenues par le clergé catholique (dans toutes les églises de Rome, des affiches invitent à la manifestation), ont réussi leur pari : mobiliser l’Italie profonde, « la gente vera » (les vraies gens), pour manifester leur indignation qu’alors que les politiques publiques ignorent les familles traditionnelles, le gouvernement Prodi s’apprête à favoriser des “familles de série C”, en instituant un Pacs local, le Dico. Des milliers de tee-shirts rouge et blanc, place San Giovanni, le refusent avec force : “Dico mai !” (“Dico, jamais !”, ou “Je dis : jamais !”), tout en réaffirmant leur fierté de défendre le modèle de la famille traditionnelle, basée sur l’engagement à long terme, l’amour qui n’exclut pas le sacrifice, la procréation. Les chrétiens le disent sans fausse pudeur : c’est le Christ qu’ils veulent placer au cœur de la famille. Les orateurs athées, tout aussi nombreux, ne veulent eux aussi connaître qu’un seul type de mariage : l’union d’un homme et d’une femme ouverte à la fécondité. Face à cette foule déterminée, joyeuse et sans complexes, les quelques milliers de contre-manifestants réunis place Navone sous l’enseigne du “courage laïc”, où l’on croise les habituels travestis en prélats et bonnes sœurs faisant mine de s’embrasser langoureusement, ne font qu’une piètre figuration. Dans une Rome recouverte par l’Alliance nationale d’affiches vantant le changement produit par l’élection de Nicolas Sarkozy (dont le projet présidentiel se propose pourtant d’introduire un mariage homosexuel qui n’en porterait pas le nom), on se dit que c’est la France qui aurait à prendre des leçons de l’Italie en matière de refus d’un moralement correct forgé par des “élites” ultra-minoritaires.

Gros sur la patate

Les ralliés de la onzième heure ont joué et gagné. Quelques-uns sont déjà récompensés : petits maroquins, vagues lettres de mission. Discutable sur le plan moral, mais tactiquement payante, la "trahison" serait donc gagnante-gagnante, concept en vogue. Mais il n'y a pas de traîtres en politique, dit-on, que des perdants. Les fidèles sarkozystes de toujours râlent mais encaissent. Les sarkozysés d'avant le premier tour sont déçus mais font de la place. Tous sous le même toit, la dague dans le dos, bonjour l'ambiance. Ils en ont gros sur la patate, comme certains le disent sur les marchés, quand le coeur déborde un peu et qu'on veut bien les écouter. L'un se dit "très malheureux", l'autre "trop déçu". L'un espère un secrétariat d'Etat, l'autre une mission accessit. Le plus terrible est qu'à l'UMP comme à l'UDF-MoDem, on nous dit : "Quand on trahit une fois... C'est une question de temps."

Pour changer l’école, changer les hommes

Ce sont deux anecdotes rapportées par François Fillon dans son livre, La France peut supporter la vérité – si désolante soit-elle ! Elles en disent long sur la déliquescence de l’Éducation nationale et sur l’impudence de son administration. « Quelques semaines après mon arrivée au ministère de l’Éducation nationale (en 2004), je découvris une équipe d’une dizaine de fonctionnaires. Leur seule activité ? Rédiger des notes pour Jack Lang. Ils furent très surpris d’être renvoyés vers leurs élèves. Ils avaient réussi à rester dans cette incroyable position pendant deux ans avant d’être découverts ! » L’autre anecdote n’est pas moins consternante. François Fillon s’étant mis en tête de prôner un peu plus de dictées, de récitations et de grammaire au collège, apparut la nécessité d’une circulaire sur l’enseignement du français à nos chères “têtes blondes”. Eh bien , le croirez-vous ? « Il m’a fallu réquisitionner le fonctionnaire de la direction compétente du ministère pour rédiger cette circulaire, explique Fillon. Ce dernier avait refusé de prêter la main à ce qu’il considérait comme une “régression”. Sitôt la circulaire publiée, il demanda sa mutation en faisant jouer la clause de conscience ! » Le mathématicien Laurent Lafforgue, qui a lancé un “appel à la refondation de l’école” signé par 11 000 personnes de tous milieux, est arrivé à la conclusion que rien ne pourra se faire si l’on ne change pas les hommes. « Le salut de l’école, dit-il, demande que la direction de l’Éducation nationale soit renouvelée. Les gens qui la dirigent de fait sont des généraux vaincus. Ils ont mis l’école dans la situation où elle est ; il faut confier à d’autres la responsabilité de l’école ». Il a raison. La droite osera-t-elle ?

Pour consulter l'intervention faite par Laurent Lafforgue : http://www.ihes.fr/~lafforgue/textes/ConferenceDePresse24avril.pdf

Sarko en fait-il trop ?

Pour ne parler que de stratégie électorale, c’est bien joué. Chapeau l’artiste ! Après avoir siphonné les voix FN à la présidentielle, voilà que Sarkozy s’apprête à faire main basse sur celles de Bayrou et même d’une partie de la gauche aux législatives. En « ouvrant » son gouvernement à deux ministres socialistes (Kouchner, Besson, Jouyet), un « haut commissaire » de gauche (Hirsh), un centriste (Morin) et nombre de représentants de l’aile gauche de la majorité (Bachelot…), Sarkozy, c’est un fait, a piégé son opposition. Bayrou parce qu’il réalise exactement ce que celui-ci avait promis - privé d’espace ! La gauche, parce qu’en attirant à lui certains de ses représentants, il démontre qu’il n’est pas si « dangereux » que ça - privée de munition ! En une semaine, le loup s’est transformé en agneau. Simple tactique électorale ou retournement de veste ?

Piège à Bayrou

Ecouté François Bayrou, dimanche soir, sur Europe 1. Une heure de calvaire. Trois semaines seulement après ses 18,7 % du premier tour, qui en ont fait le (très maladroit) arbitre du second, le président de l’ex UDF est un homme à terre. Il n’a plus de parti (le sigle UDF étant récupéré par les centristes ralliés à l’UMP). Ses troupes ont fondues (les 2/3 de ses députés ont rejoint Sarkozy). Mais le pire est ailleurs : Bayrou n’a plus de « ligne », donc plus d’espace politique. En prônant « l’ouverture » et en constituant un gouvernement rassemblant droite, centre et gauche, Sarkozy lui a coupé l’herbe sous le pied. Contraignant Bayrou à l’applaudir tristement. Après avoir siphonné Le Pen à la présidentielle, le même, récidiviste, s’apprête à torpiller Bayrou aux législatives. Du travail de pro. Reste une interrogation sur les « vrais penchants » de Sarkozy : à « droite toute » ou dérivant vers la gauche ?

Mais où est Yannick Noah ?

Entre Laure Manadou qui part roucouler en Italie et notre Johnny national qui nous redescend des alpages suisses, on croise pas mal de people à nos frontières en ce moment. On peut comprendre Laure. Le choix est vite fait entre le gourou ventripotent et l'Apollon latin. Le coach a bu la tasse mais reste à savoir qui la fera le mieux gagner ? L'entraîneur stakhanoviste ou l'amant de Vérone ? Bonne chance tout de même à notre multimédaillée. Pour Johnny national, c'est clair : Gstaadt n'est pas très folichon, surtout sans la neige. Le pire est ailleurs. Chers internautes, l'affaire est grave : on a perdu Yannick Noah. Il avait promis de quitter la France si Sarkozy était élu. Aux dernières nouvelles, il n'a pas bougé. On ne l'a pas vu aux frontières, la cantine de disques de platine sur le dos. Est-il entré en résistance ? A-t-il basculé dans la clandestinité ? Arme-t-il de nouveaux revers liftés contre la "droite ultra-libérale" ? Faites-nous signe si vous l'apercevez.

Du bon usage de la trahison

C’est entendu : l’intérêt d’un député sortant est d’être réélu, et il faut comprendre l’attitude des parlementaires UDF qui refusent d’aller au casse-pipe derrière Bayrou, eux qui, en 2002, n’avaient dû leur élection qu’aux voix de l’UMP… Mais entendre aujourd’hui ceux qui applaudissaient des deux mains à sa stratégie jusqu’auboutiste (quand ils ne l’encourageaient pas), traiter ce même Bayrou plus bas que terre a quelque chose d’indécent. Bayrou n’est pas plus insensé aujourd’hui, quand il prétend maintenir sa ligne, qu’hier, quand il estimait pouvoir se qualifier pour le second tour. Ce qui a changé, c’est le calendrier qui, en politique, se révèle souvent plus important que les idées: avant le 22 avril, la plupart des députés UDF estimaient, au vu des sondages, qu’il avait une chance sérieuse d’entrer à l’Elysée, et eux, par suite, d’être réélus dans son sillage; depuis le 23, ils ont compris que rester derrière lui risquait de les envoyer au tapis. Voici comment, en quelques heures, le sauveur suprême du centre est devenu son naufrageur. Il n’est en réalité, ni l’un ni l’autre. Seulement un politique qui, à tort ou à raison croit à son destin. Ce qui est tout sauf méprisable. A cette aune, ceux qui, comme Gilles de Robien ont pris tous les risques, depuis 2002, pour s’opposer à la stratégie de Bayrou, peuvent se regarder dans une glace. On ne saurait en dire autant de ceux qui le traitent soudain en paria après l’avoir porté aux nues. En politique comme en physique, rien ne se perd… Tout se transforme !

Ceux qui se lèvent tôt!

L’indignation affichée par la gauche parce que Nicolas Sarkozy prenait deux jours de vacance sur un Yacht à Malte traduit assez bien sa répulsion fascination pour les signes extérieurs de richesse. Nicolas Sarkozy a des amis riches. Est-ce un crime ? François Mitterrand fréquentait les Schlumberger et avait d’excellentes relations avec Antoine Riboud, le créateur de Danone. Ce la n’en faisait pas pour autant le président du Cac 40 ! On a reproché à Nicolas Sarkozy de fréquenter des grands patrons alors qu’il prétendait défendre la France de ceux qui se lèvent tôt. Mais croit-on vraiment que les grands patrons font la grasse matinée avant de se lever pour passer leur journée à fumer leurs cigares en haut-de-forme ? La gauche a oublié cet adage populaire : « La fortune appartient à ceux qui se lèvent tôt ».

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