Il stigmatise l’héritage de mai 68, le relativisme moral, le rien ne vaut rien, la liquidation du respect et de l’autorité, le culte du cynisme et de l’argent. Elle choisit Charléty, le stade symbole de mai 68 où se mêlaient à l’époque les drapeaux rouges et noirs, pour son dernier grand meeting de campagne. Elle arrive en blanc, les bras en croix, fend la foule, extatique. Elle dit : « je vous salue », « je vous aime », « aimons-nous les uns les autres »… Elle parle pendant une heure dix en répétant les mêmes mots emportés par un torrent de bons sentiments comme si tout le monde était beau, tout le monde était gentil. Quand la gauche a perdu le marxisme et la lutte des classes, il ne lui reste rien comme colonne vertébrale intellectuelle ; il ne lui reste qu’à verser dans le sentimentalisme. Venez à moi mes enfants. La dame en blanc ou la gauche Bécassine. Mais voilà, le monde ne nous attend pas, il reste aussi cruel que l’Histoire est tragique. Ce n’est pas le moment de regarder passer les trains ni de s’abandonner dans les bras d’une télévangéliste. Nous avons besoin d’une main ferme et solide si ce pays veut avoir une chance de se redresser.

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