Le 6 mai vu de gauche
Le 09/05/07, par François d’Orcival, Président du Comité éditorial | Présidentielle
Marie-Noëlle Lienemann, députée socialiste au Parlement européen, ancienne secrétaire d’Etat au Logement du gouvernement de Lionel Jospin, siège au bureau national du PS. Son analyse du scrutin du 6 mai ne correspond guère aux déclarations de Ségolène Royal et de son équipe qui aimeraient croire que sa défaite ne serait qu’un succès porteur d’avenir…Marie-Noëlle Lienemann est sévère. Il m’a paru utile de publier ci-dessous les points forts de son analyse. C’est en effet, vu de gauche, ce que nous disions nous-mêmes quand la droite n’avait pas de colonne vertébrale et qu’elle était si surprise d’être battue aux élections. Si l’on comprend bien Marie-Noëlle Lienemann, la gauche aurait bien besoin d’un Sarkozy pour se refaire un avenir… Voici donc son point de vue.
« Une lourde défaite »
« ''Ségolène Royal a essuyé une double défaite : au premier tour, elle n'a pas su mobiliser et capter l’ensemble des électeurs de gauche. Elle a siphonné les voix de nos partenaires et n’a pu convaincre bon nombre d’hommes et de femmes de gauche qui attendaient de vrais changements, des propositions précises sur le terrain économique et social et une crédibilité politique pour porter un nouveau développement de notre République et le rayonnement de la France en ce début de XXIe siècle. Ségolène Royal n’a pas répondu à leurs espérances. (En 1995 le total Gauche et Verts faisait 40,5%, en 2002 42,9% ; notre score total est donc tombé de 6 points alors que la droite était au pouvoir, que nous avons gagné les régionales, cantonales et européennes, que le « NON » porté par l’électorat de gauche fut majoritaire, que les mouvements sociaux étaient forts et le rejet de Sarkozy initialement puissant). (….) La danse du ventre en direction du « centre » entre les deux tours n’a fait qu’accélérer la catastrophe. Cette ligne démobilise notre électorat sans convaincre les vrais centristes qui sont la plupart du temps de droite et qui de toutes façons vont toujours du coté du vent et du plus fort. La formule de François Mitterrand est toujours d’actualité : rassembler les nôtres au premier tour pour entraîner les autres au second !(…) Mais plutôt que d’affirmer un projet avec une forte colonne vertébrale, de gauche, de résistance au libéralisme, que de proposer des améliorations tangibles immédiates pour nos concitoyens et le monde du travail, Ségolène Royal nous a emmené dans un discours sur la méthode, sur la forme ( et rarement sur le fond) qui s’est avéré très vite inconsistant et, en tout cas, incapable de faire front face à un Nicolas Sarkozy , lui très structuré sur une idéologie de droite mâtinée de pseudo défense des travailleurs en citant Blum et Jaurès. Voilà la racine de l’échec d’aujourd’hui''. »
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