En annonçant que les intérêts d’emprunts pour l’acquisition d’une résidence principale seront déductibles des revenus à concurrence de 20 %, le nouveau ministre du budget, Eric Woerth, confirme la promesse faite par Nicolas Sarkozy. Certes, on peut déplorer ce plafond de 20 %. Après tout, les entreprises peuvent déduire l’intégralité des intérêts qu’elles paient pour le calcul de leur bénéfice imposable. Mais ne boudons pas notre plaisir face à cette mesure qui constitue un progrès pour aider à accéder à la propriété. Et ne reprochons pas, pour une fois, la rétroactivité de la loi fiscale au 6 mai. L’impôt est une mesure pénalisante et, en droit pénal, toute disposition favorable à l’accusé, en l’occurrence celui qui travaille pour vivre, doit lui profiter. Et si l’élection de Nicolas Sarkozy doit marquer une nouvelle étape dans la baisse des impôts, le 6 mai mérite d’être marqué d’une pierre blanche. Attendons, toutefois, de connaître les modalités d’application de la mesure. On s’en veut presque d’être sceptique, mais les bureaux de Bercy et les experts de la commission des finances de l’Assemblée, même de droite, nous ont habitué à tant de duplicité fiscale que le doute systématique est nécessaire.

 Suivre le fil de cette discussion par RSS