Quels contre pouvoirs ?
Le 30/05/07, par François d’Orcival, Président du Comité éditorial | Présidentielle
La gauche demande aux électeurs de lui donner des « contre pouvoirs ». C’est le grand slogan de la campagne législative des socialistes et de leurs alliés: « Ne laissons pas tout à Sarkozy ! » On a même entendu Dominique Strauss-Kahn citer en exemple, à la réunion du Zénith, les manifestations « puissantes » contre le CPE qui ont conduit le gouvernement à renoncer à son projet. Mais où est la démocratie ? Si Sarkozy a été élu le 6 mai avec 19 millions de voix et plus de 2 millions de voix d’avance sur sa concurrente, il l’a été sur un programme ; et pour le mettre en œuvre, il a besoin d’une majorité parlementaire. C’est la logique même de ce qui a été voulu par Jospin et les socialistes, en fusionnant le quinquennat présidentiel et les élections législatives. Une même élection à quatre tours. Pourquoi les électeurs devraient-ils se déjuger d’un tour à l’autre ? Le président élu gouverne avec ceux qu’il nomme ministre et premier ministre et sa majorité parlementaire. Cela forme un tout et c’est la démocratie : la loi de la majorité. Quant aux contre pouvoirs, ils existent bien : les socialistes gouvernent vingt-et-une régions sur vingt-deux, ils gouvernent aussi Paris, Lille, Lyon, Nantes et bien d’autres municipalités. Qu’ils fassent donc la démonstration de leurs compétences dans ces villes et ces régions. La droite ne prétend pas s’opposer à eux dans la rue…
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