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J’avoue : je suis choqué par la visite en Libye

Autant le dire tout de suite : contrairement à (beaucoup) d’autres, j’ai été choqué par la visite de Nicolas Sarkozy en Libye : - Si les infirmières bulgares étaient innocentes, c’est qu’elles ont été condamnées à tort. - Si elles sont été condamnées à tort, c’est que le régime libyen est coupable. - Si le régime libyen est coupable, c’est que son chef est un preneur d’otage. - Si son chef est un preneur d’otage, on ne doit pas le réintégrer dans le « concert des Nations », comme l’a dit Sarkozy. CQFD On peut négocier avec des preneurs d’otage, pas pactiser avec eux. Il fut un temps où Sarkozy reprochait à Chirac sa proximité avec Poutine ou l’invitation en Corrèze faite au numéro un chinois. Kadhafi vaut-il mieux ?

Qui a oublié le RER B ?

Douze ans ans ont passé. Mais on ne peut oublier que le 25 juillet 1995 à 17 heures 30, une bombe explosait dans la ligne du RER B à la station Saint Michel, faisant huit mort et plus de cent cinquante blessés. Jacques Chirac avait été élu président de la République deux mois plus tôt. C’était sa première et la plus tragique épreuve. Le terrorisme frappait à nouveau et durement sur notre sol. Depuis, l’alerte et la vigilance n’ont pas cessé. Nos services de renseignement ont permis de déjouer de multiples tentatives d’attentats. Nous leur devons de considérer avec un certain détachement ce qui se passe chaque jour dans les rues de Bagdad ou d’Islamabad. Nous aurions tort de penser que cette guerre-là s’est éloignée de nous. Elle peut nous rattraper à tout moment. Que ferions-nous si les hommes de notre contingent de la Finul au sud Liban étaient victimes à leur tour d’engins explosifs déclenchés à distance ? Le long fil de toutes ces bombes remonte à celles posées dans les bars d’Alger, il y a cinquante ans, par les équipes féminines de Yacef Saadi. Voyez le film de Barbet Schröder sur « l’avocat de la terreur ».

Faut-il aussi lui baiser les pieds ?

Les otages bulgares sont libérés. Bravo et merci à ceux qui ont permis cet heureux dénouement. On peut être fier des Français qui ont œuvré à cette libération. Mais n’oublions pas que le preneur d’otages a obtenu une rançon en bonne et due forme. Il s’appelle Mouammar Kadhafi, ex sponsor de groupes terroristes qui ont quelques centaines de morts à leur actif. Son dernier crime a-t-il payé ? On le dirait : Kadhafi obtient 400 millions, la rénovation de son système de santé, un brevet d’honorabilité et la sollicitude des occidentaux. Faut-il pour autant aller lui baiser les babouches ? Nous espérons en faire un nouvel allié et lui vendre beaucoup de choses, ce que fait Sarkozy aujourd’hui en Libye. Il s’agit sans doute de raison d’Etat et de raison commerciale. Pourquoi pas ? Mais il ne faut pas oublier ses victimes (françaises et étrangères) ni que son retour en grâce se fait sur une nouvelle ignominie. Le voleur qui rend l’argent reste un délinquant. Et quand il ne rend pas l’argent ?

Dominant, dominé

Surréaliste, cette interview de François Hollande dans Le Monde du 24 juillet ! Il parle de Sarkozy : « Sa méthode, c’est de laisser croire qu’il peut tout faire tout seul…Il a installé une machine à rancune. » Il parle de lui ou quoi, lui à qui tout a échappé - sa candidature à l’Elysée, sa femme, le PS, l’avenir en rose ? Moi, j’entend le tonnerre de la « machine à rancune » qui s’emballe au PS, l’écho de « l’avant-garde de la rénovation socialiste » réunie à Evry le 20 juillet : « Notre parti est complètement nécrosé » ; « l’immobilisme est la marque du PS » ; « incapacité à trancher un certain nombre de sujets majeurs » ; « on avait du mal à décider ensemble, on n’arrive même plus à travailler ensemble » ; « retard stratégique phénoménal… nombrilisme… un appareil qui tourne sur lui-même… vingt ans de retard. » Et cette gâterie, pour la route : « La droite a gagné la bataille de la domination dans le champ de la culture politique. » Vraiment ? La droite la plus bête du monde aurait enfin réussi à sortir de son complexe ! Pas tout à fait sans doute. Alors que faut-il de plus pour ancrer vraiment cette domination ? Finir le ménage. Oui, mais où ? Education nationale, audiovisuel d’Etat, ANPE, SNCF… Chers blogueurs, je suis sûr que vous avez une petite idée, deux ou trois propositions à transmettre à qui de droit. Non ?

De qui le ministre est-il serviteur ?

« La ministre représente une institution, elle ne peut être complètement en décalage avec ceux qui la font vivre. » Ces propos d’un bâtonnier critiquant les projets de réforme de Rachida Dati ( Le Monde du 19 juillet), montrent l’ampleur de la tâche à accomplir pour changer les mentalités. Ainsi donc, un ministre représenterait l’institution qu’il coiffe et non le peuple par la volonté duquel son gouvernement est en place pour mener une politique. Ainsi le serviteur (c’est le sens premier du mot ministre) doit-il servir, non pas la République, mais son ministère. A Bercy, la ou les ministres ne doivent pas être en décalage avec les spécialistes des impôts et du Trésor. A l’Education nationale, le ministre doit être à la dévotion des inspecteurs d’académie, des pédagogues et des professeurs. A la Défense, il doit être à la botte des états-majors, des officiers, de la DGA, à l’Intérieur aux petits soins avec les policiers… C’est cette conception du gouvernement qui a longtemps empêché la réduction du nombre de fonctionnaires, qui a permis aux hauts fonctionnaires de bloquer les lois qui leur déplaisent par des circulaires, ou pire encore par l’absence de circulaires et de décrets, ce qui en empêche l’application… Difficile, dans ces conditions, d’engager de véritables réformes. Notre bâtonnier devrait se demander si un ministre ne doit pas d’abord être au service des justiciables, des élèves à éduquer, des contribuables à ménager, des Français à défendre... C’est pour ce changement de perspective que les Français ont élu Nicolas Sarkozy.

Un été au beau fixe

Dans le baromètre TNS Sofrès du « Figaro magazine » qui mesure la cote de popularité des personnalités politiques, figure un Top Dix de celles et ceux qui ont le plus de notoriété et d’intérêt auprès du public. Parmi ces Dix (Sarkozy étant mesuré à part comme chef de l’Etat), figurent quatre personnalités de droite (Rachida Dati, Jean-Louis Borloo, François Fillon, et Michèle Alliot-Marie). Quatre sur dix. Sarkozy a rallié trois autres stars de ce Top Dix : Kouchner, Strauss-Kahn et Lang. Ne demeurent donc hors du cercle Sarkozy que Bayrou, Delanoë et Ségolène Royal. Trois sur dix…Le premier est exclu des grands débats de l’Assemblée et se morfond de ne plus avoir les caméras autour de lui, le second va être attaqué sur Paris et la troisième, qui perd des points à chaque enquête, se prépare à examiner – longuement – les causes de sa défaite. Elle a du temps devant elle. Elu avec 53% des voix, Sarkozy bénéficie d’une cote de confiance de 65% : douze points de plus. Certes, en matière d’opinion, tout est provisoire. Mais la note de conjoncture de l’association pour l’emploi des cadres s’intitule « Un été au beau fixe »…

Racines chrétiennes

Je peux le dire, c’est permis ! D’autres l’ont dit avant moi, qui ne sont pas vraiment de droite, ni précisément catholiques : l’Église a été le « ciment » de l’intégration des enfants d’immigrés arrivés en France au début du siècle dernier. Qui l’affirme ? Claude Allègre, dans son dernier livre, 10 + 1 questions sur l’école (Michalon). « La France a connu, au cours du siècle dernier, une immigration massive de Polonais qui venaient dans le Nord et dans l’Est pour y être mineurs, écrit l’ancien ministre de l’Éducation nationale. Au risque de heurter, je dirais qu’ils avaient avec le pays d’accueil un patrimoine commun : le catholicisme. Les prêtres ont joué un rôle très important dans l’intégration des enfants qui allaient au catéchisme et y recevaient un enseignement sur des bases communes aux petits Français, qu’on le veuille ou non. » Quelle audace ! On oserait presque en conclure que l’Europe a des racines chrétiennes (ne serait-ce pas le moment de le rappeler dans le “mini-traité” ?)… Mais Claude Allègre aggrave encore son cas en relevant que ce processus d’intégration s’est poursuivi pour les Italiens et les Espagnols, qui partagent avec les Français l’héritage gréco-latin chrétien, mais qu’il « ne joue pas aujourd’hui avec l’immigration d’origine maghrébine. Elle appartient à une culture fondamentalement différente de la nôtre ». A-t-il raison de l’écrire ?

Cécilia, Kadhafi et les Bulgares

En mission à Tripoli, Cécilia est enlevée par Kadhafi. La captive aux yeux clairs disparaît dans le désert de Cyrénaïque, enchaînée sous la tente en peau de chèvre du bouillant colonel. Brrr… Branle bas de combat à Paris ! Plus de défilé sur les Champs Elysées. Pierre Messmer ressort les cartes de la colonne Leclerc, la 9e brigade d’infanterie de marine lance un assaut amphibie sur les rivages des Syrtes, un raid de Gazelle (hélicoptères) déboule au ras des dunes et les paras de Bayonne fondent sur le nid du serpent. Happy end : Cécilia est libérée, Kadhafi est capturé. Pourquoi ne pas rêver ? Que mérite-t-il d’autre ce voleur de Bulgares ? On s’y est habitué mais qui est-il, sinon un de ces éternels barbaresques surgis du sud de la Méditerranée ? A l’époque, ils coulaient des bateaux et rançonnaient les chrétiens. Aujourd’hui, l’histoire se répète. Ils explosent des avions et prennent en otages des infirmières bulgares. Elles sont détenues depuis plus de huit ans, pour rien, et torturées. Elles n’ont pas eu droit à beaucoup de solidarité. Valent-elles moins que des journalistes ? Le satrape libyen veut une rançon. Il l’aura. Elle lui servira à se rembourser des centaines de millions de dollars qu’il a été obligé de verser à d’autres victimes de précédents méfaits : les familles des 500 morts des vols de la Pan Am et d’UTA que ses sbires firent naguère sauter.

Avant de changer les institutions, changeons les mentalités…

Du déplacement de Nicolas Sarkozy à Epinal le 12 juillet, les médias n'ont principalement retenu que les changements d’institutions. Pourtant, à étudier de près son discours, le Président de la République a déclaré qu’outre les institutions, il fallait surtout changer les mentalités : « Je pense à cette rupture avec les mentalités, les routines et les comportements du passé que rendent si nécessaire les changements d'époque, a-t-il dit. Je pense à cette remise en cause des rentes de situation, des privilèges indus, des conservatismes qui bloquent l'élan de la société vers l'avenir ». Mais il reste malheureusement encore beaucoup de chemin à parcourir avant de faire évoluer, ne serait ce que d’un iota, des mentalités d’un autre âge... Puisse Nicolas Sarkozy faire enfin comprendre aux personnes si promptes à s’ériger pour la défense du service public, que la définition du mot solidarité n’est pas à géométrie variable et qu’elle ne diffère pas selon que l’on est ou non fonctionnaire !

Sarkozy surprend à l’étranger…

Le Wall Street Journal, qui ne fait jamais le moindre cadeau aux Français, titre ce mercredi en page une sur le président de la République : « Sarkozy met la main sur le FMI » et poursuit en page 2 : « Une nouvelle victoire pour Sarkozy » (il s’agit du soutien des Européens à la candidature de Dominique Strauss-Kahn pour le FMI). Avec ce commentaire : « Si cette nomination devenait effective, cela renforcerait la stature du nouveau président comme la personnalité politique qui monte en Europe… » Figure des conservateurs britanniques et de l’aile droite des républicains américains, ancien conseiller spécial de Margaret Thatcher, chercheur au Nixon Center, directeur du magazine « The National Interest » , John O’Sullivan était la semaine dernière l’invité à Paris de l’institut Jean-Jacques Rousseau de Michel Gurfinkiel. A retenir de ses propos : tant aux Etats-Unis qu’en Grande-Bretagne, la droite conservatrice, désespérée par Bush et incertaine à l’égard des Tories de David Cameron, espère bigrement dans l’expérience « Sarkozy ». La France bouge.

La pensée de la semaine : « Si quelqu’un vous dit qu’il n’est d’aucun parti, commencez par être sûr qu’il n’est pas du vôtre… » C’est de Talleyrand.

Benoît XVI tacticien

L’avez-vous remarqué ? Alors que l’annonce, depuis plusieurs mois, de la publication par Benoît XVI d’un décret libéralisant l’usage de la messe de Saint-Pie V, dite abusivement "messe en latin", avait suscité des protestations véhémentes avant même que ses dispositions précises fussent connues, sa publication effective, ce samedi 7 juillet, a fait presque aussi peu de bruit qu’une lettre qui tombe au fond de la boîte. C’est qu’en l’occurrence, ce pape que les médias raillent volontiers pour sa "maladresse" et ses "bourdes" diplomatiques, s’est avéré, une nouvelle fois, très fin tacticien. C’est dès le printemps 2006 que Benoît XVI avait laissé filtrer son intention de publier ce texte, annonce qui avait suscité un déferlement médiatico-clérical : les médias annonçant qu’on tenait, enfin, la preuve que ce pape était un incurable réactionnaire, des évêques et des prêtres, en France surtout, rendant publique leur inquiétude quant à cette mesure qui leur semblait revenir sur les "acquis de Vatican II" - comme on parle d’"acquis sociaux". Rome laissa les loups se fatiguer la voix, puis on n’entendit plus parler de rien. De temps en temps, un proche de Benoît XVI faisait savoir qu’il n’avait pas renoncé à ce texte, qu’on y travaillait ; les protestations reprenaient, chaque fois un peu moins fortes. Les mois d’attente, qui servirent à préciser le texte et à y intégrer les préoccupations épiscopales, eurent aussi l’utilité de désarmer une critique qui finit par considérer ce texte comme acquis, avant même sa publication, et qui avait tiré, trop tôt, toutes ses cartouches. Et voilà pourquoi, quand le motu proprio sortit, votre fille fut – presque – muette. Pas mal joué, non ? Des gaffeurs et des maladroits comme ça, on en prendrait bien quelques-uns au gouvernement !

Oui à l’ouverture

Vous m’étonnez chers internautes. C’est quoi, ces cris d’orfraie ? Comme si la politique n’avait été jusque-là que débats intellectuels stratosphériques, joutes idéologiques entre gens du même monde. Oui il faut « ouvrir » pour manœuvrer. Nos grands hommes d’Etat s’y sont toujours bien entendus. Parce que la politique c’est aussi cela : l’art du contournement, du coup de boutoir et du coup fourré, de la déception et parfois de l’étouffement. Qui perd son âme ? Ceux qui sont à la manoeuvre ou ceux qui se rallient ? Que les réformes annoncées passent et soient appliquées, n’est-ce pas cela qui compte ? Et n’est-ce pas encore plus drôle si elles le sont par des gens repêchés à gauche ? Tiens, voici une maxime qui me semble assez bien adaptée à Lang et consorts : « Les plus habiles courtisans peuvent être de fort grosses dupes, quand ils se fondent trop sur leurs conjectures. » De qui est-elle au juste ?

Non à l’ouverture avec Jack Lang !

C’est confirmé et je ne voulais pas le croire : Nicolas Sarkozy lui-même a proposé à Jack Lang de faire partie de la Commission sur la réforme des institutions. Lang, celui-là même qui déclarait le 10 mai 1981 que la France passait de « l’ombre à la lumière » ! Lang, le plus « mitterrandôlatre », le plus obséquieux, le plus « gauche caviar », le plus « donneur de leçon » et sans doute pas le plus honnête des socialistes (cf. « l’omerta française ») ! Je le dis comme je le pense : si c’est ça le rassemblement des « meilleurs » voulu par Sarkozy, je n’ai pas la même définition que lui du mot « meilleur » ! Qu’en pensent les électeurs de droite ? Et qu’en auraient-ils pensé si Sarkozy leur avait annoncé son intention avant le premier tour ? Auraient-ils voté pour lui ? Voilà, sans doute le moment de réagir. L’ouverture ? Pourquoi pas si cela sert à « piéger » le PS… Mais ne sommes-nous pas, nous-mêmes, en allant trop loin, en train de nous piéger ? Pour dire les choses de manière provocatrice : à quoi sert de gagner une élection si c’est pour perdre son âme ?

L’état des grâces

Y aura-t-il ou non comme chaque année pour le 14 juillet, une grâce présidentielle accordée aux détenus ? Le personnel pénitentiaire s’inquiète déjà (ou plutôt menace) d’un risque de surchauffe dans les prisons si Nicolas Sarkozy n’applique pas cette tradition. Pour avoir un premier élément de réponse, il fallait écouter François Fillon déclarer avant hier matin sur RMC Info : « En principe, le président de la République a dit non ». Et le Premier ministre d’ajouter : « ceci étant, c'est son pouvoir, c'est un pouvoir qu'il ne partage avec personne et donc c'est à lui d'y répondre». Pourtant à la mi juin, la garde des sceaux, Rachida Dati, affirmait sur Europe 1 qu’il y aurait bien une grâce présidentielle et que le décret était même en cours d’écriture. Bref, aujourd’hui, on n’est guère plus avancé… Si finalement une grâce est accordée, il faudra alors expliquer à beaucoup de gens en quoi un automobiliste – bien garé – mais qui a "oublié" de mettre un ticket de parcmètre derrière son pare-brise (et qui n’a malheureusement pas bénéficié d’une autre tradition présidentielle, l’amnistie des PV après élection) est plus dangereux qu’un détenu ayant commis un délit comme un vol avec violence, une destruction volontaire par incendie ou une escroquerie. A moins que le gouvernement ne considère chaque détenu libéré comme un automobiliste mal garé en puissance ! J’aurai plutôt tendance à le considérer comme un récidiviste en puissance. Pas vous ?

« Ca n’a jamais marché » …

Que reste-t-il à dire à la gauche et à ses porte-parole dans les médias ? Hébétée par l’activisme du président de la République, présent sur tous les fronts à la fois, déboussolée par les recrutements qu’il opère dans ses rangs (le dernier étant la mission sur la mondialisation confiée à Hubert Védrine), la gauche espérait trouver dans le discours de politique générale du premier ministre de quoi nourrir ses critiques. Elle n’a pas pu en extraire la moindre virgule qui puisse être en contradiction avec le projet politique présidentiel que les Français ont hâte de voir réalisé. Alors que trouve-t-elle à redire ? Que ce n’est pas faisable, que ce n’est pas financé, que les économies annoncées ne sont pas à la hauteur de l’enjeu…La gauche qui a financé depuis vingt cinq ans le modèle social français à coup d’endettement et de recrutement de fonctionnaires, la voilà devenue soudain vertueuse par la grâce de sa défaite électorale ! N’est-elle pas plutôt en train de nous refaire le coup du « on a tout essayé, ça n’a jamais marché, donc ce n’est pas possible » ? C’est peut-être aussi pour cela qu’elle a perdu, depuis douze ans, trois présidentielles et deux législatives. Et si la droite a été battue en 1997, lors de la dissolution, c’est précisément pour avoir renoncé à ses engagements de la campagne de 1995. Pour le reste, comme dit Audiard (ces temps-ci je l’aime bien), « je ne parle pas aux cons, ça les instruit ».

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