Charme slave
Le 02/07/07, par Frédéric Pons, Rédacteur en chef Monde | Général
Qu’un chef de l’Etat français ne boive pas d’alcool et n’aime que le Coca Light me désole. D’abord, il rate le meilleur de nos chers « Tontons Flingueurs » (« C’est une boisson d’homme… Y’a d’la pomme… »). Ensuite il ne tient pas la route après un ou deux cocktails diplomatiques et cela m’inquiète. A la vodka, le Slave joue brutal. Au whisky, l’Anglais reste fourbe … Prudence donc. Attention aux prochaines embuscades, là où les chefs ne sont pas qu’au jus de fruit. On nous dit pourtant qu’au G8 Sarkozy n’avait pas bu, Poutine non plus. L’ivresse du président, consultée 9 millions de fois sur internet, n’en était pas une. Vous y croyez ? Moi oui. Mais, me direz-vous, ces yeux brillants, ce sourire euphorique et le swing un peu lord des épaules derrière le pupitre ? J’ai enquêté. L’explication est dans « Les Nouvelles de Moscou » : Nicolas et Vladimir sont restés 90 minutes ensemble, au lieu des 45 prévues. Ils ont parlé de tout, en live, sans filet, loin du programme imposé, et voilà le résultat : l’effet Poutine, ce cocktail épicé de charme slave et de rouerie kagébiste, de culture russe et de brutalité soviétique. Le tsar au sourire froid avait déjà séduit les Bush qui lui ont fait une place, cette semaine, à la table familiale pour leur homard home made. Les Sarkozy aussi sont conquis. N’en déplaise aux amis des barbus tchétchènes, Cécilia trouve même que « les deux hommes se ressemblent beaucoup ». Et si c’était vrai ? Profitons-en. N’est-ce pas le moment pour que la France et la Russie entament vraiment un bout de chemin ensemble ? Même au régime sec, cela vaut la peine d’essayer.
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