Que reste-t-il à dire à la gauche et à ses porte-parole dans les médias ? Hébétée par l’activisme du président de la République, présent sur tous les fronts à la fois, déboussolée par les recrutements qu’il opère dans ses rangs (le dernier étant la mission sur la mondialisation confiée à Hubert Védrine), la gauche espérait trouver dans le discours de politique générale du premier ministre de quoi nourrir ses critiques. Elle n’a pas pu en extraire la moindre virgule qui puisse être en contradiction avec le projet politique présidentiel que les Français ont hâte de voir réalisé. Alors que trouve-t-elle à redire ? Que ce n’est pas faisable, que ce n’est pas financé, que les économies annoncées ne sont pas à la hauteur de l’enjeu…La gauche qui a financé depuis vingt cinq ans le modèle social français à coup d’endettement et de recrutement de fonctionnaires, la voilà devenue soudain vertueuse par la grâce de sa défaite électorale ! N’est-elle pas plutôt en train de nous refaire le coup du « on a tout essayé, ça n’a jamais marché, donc ce n’est pas possible » ? C’est peut-être aussi pour cela qu’elle a perdu, depuis douze ans, trois présidentielles et deux législatives. Et si la droite a été battue en 1997, lors de la dissolution, c’est précisément pour avoir renoncé à ses engagements de la campagne de 1995. Pour le reste, comme dit Audiard (ces temps-ci je l’aime bien), « je ne parle pas aux cons, ça les instruit ».

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