Cécilia, Kadhafi et les Bulgares
Le 16/07/07, par Frédéric Pons, Rédacteur en chef Monde | Gouvernement
En mission à Tripoli, Cécilia est enlevée par Kadhafi. La captive aux yeux clairs disparaît dans le désert de Cyrénaïque, enchaînée sous la tente en peau de chèvre du bouillant colonel. Brrr… Branle bas de combat à Paris ! Plus de défilé sur les Champs Elysées. Pierre Messmer ressort les cartes de la colonne Leclerc, la 9e brigade d’infanterie de marine lance un assaut amphibie sur les rivages des Syrtes, un raid de Gazelle (hélicoptères) déboule au ras des dunes et les paras de Bayonne fondent sur le nid du serpent. Happy end : Cécilia est libérée, Kadhafi est capturé. Pourquoi ne pas rêver ? Que mérite-t-il d’autre ce voleur de Bulgares ? On s’y est habitué mais qui est-il, sinon un de ces éternels barbaresques surgis du sud de la Méditerranée ? A l’époque, ils coulaient des bateaux et rançonnaient les chrétiens. Aujourd’hui, l’histoire se répète. Ils explosent des avions et prennent en otages des infirmières bulgares. Elles sont détenues depuis plus de huit ans, pour rien, et torturées. Elles n’ont pas eu droit à beaucoup de solidarité. Valent-elles moins que des journalistes ? Le satrape libyen veut une rançon. Il l’aura. Elle lui servira à se rembourser des centaines de millions de dollars qu’il a été obligé de verser à d’autres victimes de précédents méfaits : les familles des 500 morts des vols de la Pan Am et d’UTA que ses sbires firent naguère sauter.
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