« La ministre représente une institution, elle ne peut être complètement en décalage avec ceux qui la font vivre. » Ces propos d’un bâtonnier critiquant les projets de réforme de Rachida Dati ( Le Monde du 19 juillet), montrent l’ampleur de la tâche à accomplir pour changer les mentalités. Ainsi donc, un ministre représenterait l’institution qu’il coiffe et non le peuple par la volonté duquel son gouvernement est en place pour mener une politique. Ainsi le serviteur (c’est le sens premier du mot ministre) doit-il servir, non pas la République, mais son ministère. A Bercy, la ou les ministres ne doivent pas être en décalage avec les spécialistes des impôts et du Trésor. A l’Education nationale, le ministre doit être à la dévotion des inspecteurs d’académie, des pédagogues et des professeurs. A la Défense, il doit être à la botte des états-majors, des officiers, de la DGA, à l’Intérieur aux petits soins avec les policiers… C’est cette conception du gouvernement qui a longtemps empêché la réduction du nombre de fonctionnaires, qui a permis aux hauts fonctionnaires de bloquer les lois qui leur déplaisent par des circulaires, ou pire encore par l’absence de circulaires et de décrets, ce qui en empêche l’application… Difficile, dans ces conditions, d’engager de véritables réformes. Notre bâtonnier devrait se demander si un ministre ne doit pas d’abord être au service des justiciables, des élèves à éduquer, des contribuables à ménager, des Français à défendre... C’est pour ce changement de perspective que les Français ont élu Nicolas Sarkozy.

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