Bon nombre de mes confrères ont évoqué à propos de Nicolas Sarkozy et de son hyperactivité depuis son élection à la présidence de la République l’ombre de Kennedy, allant même jusqu’à mettre en parallèle Cécilia et Jackie Kennedy. Sans aller bien loin, il existe une référence française plus probante : Bonaparte. A maints égards, tant par son ambition que par sa rapidité de décision et d’exécution, par sa manière d’accaparer la moindre parcelle de pouvoir et de monopoliser l’attention, par sa volonté de veiller aux moindres détails, Sarkozy évoque le Bonaparte Premier Consul. Il ne s’agit, dira-t-on, que d’un style et d’un tempérament. Relisant récemment l’œuvre de Barrès, l’inventeur du nationalisme français, et, notamment, Le Roman de l’ énergie nationale, il m’est apparu que le parallèle peut être poussé plus loin. Par sa manière d’infléchir l’esprit des institutions, de redonner au pays le dynamisme qui lui faisait défaut, de pratiquer une sorte de démocratie autoritaire, Nicolas Sarkozy s’inscrit dans l’héritage du bonapartisme, cette troisième famille politique de la droite française, dont le gaullisme fut une résurgence originale. Rassurons, cependant, les électeurs de Ségolène, il ne parait qu’il y ait chez notre président la moindre tentation impériale, sinon impérialiste…

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