Il y a au moins une chose que nous apprend le tragique accident survenu au petit Ivan, ce fils d’immigré clandestin tombé du cinquième étage alors que son père tentait de fuir la police : c’est que Margot ne prend pas de vacances. La bonne vieille tactique consistant à exploiter l’émotion suscitée par un fait divers pour entamer la résolution de nos dirigeants ne connaît pas de trêve estivale. Soutenus comme à l’habitude par les partis de gauche (le parti communiste n’hésitant pas à employer le mot de "rafle"), les organisations de soutien aux clandestins (dont on espère au passage qu’au vu de leurs appels incessants à bafouer la légalité, elles ont subi depuis l’arrivée du nouveau gouvernement une salutaire "rupture" de leurs subventions publiques) n’ont pas manqué de l’exploiter pour sommer le gouvernement d’abandonner sa politique de lutte contre l’immigration clandestine. Brice Hortefeux a assuré de sa fermeté en la matière. On le croirait plus volontiers si les chiffres qu’il cite régulièrement ne témoignaient d’une singulière sous-estimation du phénomène : sait-on par exemple, que sur les 24 000 expulsions de clandestins dont le ministère se flatte pour 2006, pas moins de 16 000 ont concerné des Comoriens expulsés de Mayotte, ce qui ne laisse plus que… 8 000 expulsions effectuées en tout et pour tout sur le reste du territoire français ! Et on serait plus rassuré encore si le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale n’avait publié, dans Libération du 27 juillet, une tribune sur sa conception de l’identité nationale, conception qui a tous les signes extérieurs du courant d’air, comme en témoigne cet extrait : « L’identité se base avant tout sur ce que chacun souhaite apporter à son pays plus que ce dont il peut hériter. » Sur ce même blog, le 17 avril dernier, nous mettions en garde contre la conception sarkozyste de l’identité nationale, qui nous semblait avoir tout de l’auberge espagnole. Avions-nous tort ?

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