C’est la seule question que les gens se posaient et notamment le public de droite : et la rentrée ? Plus les augures vous annonçaient une rentrée chaude, plus il fallait s’attendre au contraire. Où sont les troupes, les dirigeants, capables de mobiliser du monde pour descendre dans la rue et sur quel sujet ? A voir l’état dans lequel se trouve la gauche, on se le demande. Les enseignants ? Mais encore ? Lisons ce que Gérard Aschieri, le secrétaire général de la FSU (c’est-à-dire la centrale syndicale la plus conservatrice, la plus corporatiste de l’Education nationale), dit actuellement : « Si nous avions eu 17 000 postes en moins, les discussions sur le métier auraient été très difficiles. A 11 200, il n’y a pas de vrai bouleversement mais on accentue les problèmes qui feront que ni cette rentrée ni la suivante ne seront bonnes. » Décryptons : à 17 000 suppressions de postes, on ne discutait pas ; mais à 11 200, on peut parler ; ce qui veut dire que le principal syndicat enseignant admet désormais que la suppression de plus dix mille postes est dans l’ordre des choses et qu’il n’y peut plus rien. Ce qui était réputé impossible, la réduction des effectifs à l’Education nationale, entre maintenant dans le domaine du courant ; les campagnes électorales et la pédagogie politique n’y sont pas pour rien. Comme quoi, il faut toujours annoncer un chiffre terrifiant au départ (18 000 suppressions de postes) ; quand il est ramené à 11 000, tout le monde l’accepte. C’est le métier !

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