Cet agent du Trésor qui a créé un professeur d’université fictif à qui elle a versé pendant quinze ans un traitement de 4 000 euros par mois ne mérite sûrement pas d’être félicité. Cependant son action a quelques mérites. Pendant quinze ans il s’est trouvé au moins un professeur heureux, régulièrement augmenté et du coup jamais malade et jamais en grève. Mobile, il a accepté sans sourciller une mutation de Saint–Denis à Marne–La–Vallée. Il ne se plaignait pas des amphithéâtres surchargés, de la vétusté des locaux et de l’insuffisance de moyen. Son enseignement n’aura perverti aucun élève à la différence de Socrate. En dehors de son salaire, il ne coûtait rien à l’Etat et par ses cotisations contribuait à financer les retraites. Et l’on pouvait compter sur lui pour prolonger son activité au-delà de l’âge légal si le besoin s’en était fait sentir. Quant au non renouvellement de son poste maintenant vacant, il ne soulèvera aucune protestation. Peut-être y a-t-il là une piste pour relancer le pouvoir d’achat. Chaque citoyen pourrait avoir son fonctionnaire fictif pour lui payer ses vacances et ses menus plaisir. A l’heure des avatars et autres créations virtuelles, notre agent du Trésor a agi en précurseur.

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