« Qui a perdu l’Irak ? » s’interroge un chercheur de la Rand, James Dobbins, dans la dernière livraison de « Foreign Affairs », publiée à New York. Il énumère tous ceux qui, depuis l’intervention militaire, se renvoient la balle en s’accusant mutuellement du désastre actuel : la Maison Blanche, le Congrès, le Département d’Etat, le Pentagone et ses généraux, les services de renseignements, les médias, etc. Il note que « certaines administrations peuvent être pires que d’autres, mais que toutes sont mauvaises », pour conduire de tels conflits, tout en précisant que si les « néoconservateurs » sont accusés d’être les responsables du gâchis irakien, les libéraux gauchistes des années soixante le furent pour le Vietnam. Un but partout. La question qui se pose finalement est la suivante : et si la promotion de la démocratie partout n’était pas forcément la bonne solution ? Etonnante question pour un expert américain, n’est-ce pas ! C’est pourtant bien lui qui observe que les cas de l’Irak, du Liban, de la Palestine révèlent que la démocratie (les élections libres) peut aussi vous amener au pouvoir des extrémistes islamistes. Le Maroc, qui est dans la cible, espère bien y échapper.

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