Sarko et les spéculateurs
Le 14/09/07, par David Victoroff, Rédacteur en chef Economie Finance | Gouvernement
Quand on veut faire la rupture, il y a toujours un risque d’échec. Il est donc prudent de trouver un coupable au cas où le dessein glorieux que l’on nourrit pour la patrie serait contrarié. Chez Nicolas Sarkozy, le coupable est trouvé : ce sont les spéculateurs et les fraudeurs. C’est de la faute des spéculateurs si les marchés se cassent la figure et si la croissance qu’il espérait pour financer ses réformes ne sera peut-être pas au rendez-vous. Il s’en plaint donc auprès d’Angela Merkel. Il les dénonce à tout bout de champ en les opposants aux travailleurs. Le procédé n’est pas nouveau. Déjà, un émule de Marat, Jacques Roux, dénonçait en 1793 les accapareurs, les monopoleurs, les agitateurs, les intrigants, les traîtres et les sangsues du peuple. Aujourd’hui ce sont les spéculateurs et les patrons voyous qui partent avec des parachutes dorés. Le pauvre Roux, heureusement pour les banquiers, a été guillotiné à temps. Aujourd’hui, il faut souhaiter que ceux qui spéculent sur la croissance aient raison pour ne pas fâcher ceux qui spéculent sur la crédulité des électeurs.
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