Ça débloque à donf
Le 18/09/07, par Laurent Dandrieu, Rédacteur en chef adjoint Culture | Général
Il y avait Rachida Dati dont le président de la République nous expliquait qu’"en raison de ses origines", il était absolument impératif qu’elle réussisse (serait-il donc, en revanche, anodin que Mme Christine Lagarde, par exemple, échouât, en vertu des siennes ?). Il y avait Rama Yade qui, en visite au Sénégal, utilisait la première personne du pluriel pour parler des Sénégalais et dit fréquemment "chez nous" pour parler de l’Afrique. Il y a maintenant Fadela Amara qui critique le projet de test ADN, en utilisant une étrange argumentation : « Cela me heurte en tant que fille d’immigrés ». Celle qui a pour principal mérite d’avoir introduit le mot "pute" dans le vocabulaire public, et vient de se voir chaleureusement féliciter, aux dires du Monde, par ses collègues du conseil des ministres pour y avoir employé le verlan "à donf", semble plus à l’aise avec l’argot qu’avec les principes généraux du droit et son rôle de ministre de la République : les ministres sont-ils désormais chargés de représenter telle ou telle partie de la population ? y aurait-il des choses qui seraient acceptables ou inacceptables selon que l’on soit de telle origine ou de telle autre ? la morale publique devient-elle relative, en France, selon que l’on vient d’en deçà ou d’au-delà des Pyrénées ? La vérité, hélas, est que le communautarisme, contre lequel Nicolas Sarkozy avait prétendu lutter durant la campagne présidentielle, est désormais bien installé, grâce à lui, au sommet de l’Etat. Vu l’état présent des esprits, il n’est pas près d’en sortir.
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