Cette semaine, Christine Lagarde, Hervé Novelli et Luc Chatel se sont fendus d’un communiqué pour se féliciter (des fois que personne n’aurait songé à le faire à leur place) d’une grande avancée dans la réforme. Les textes relatifs au titre de « maître –restaurateur » ont été publiés au journal officiel, enfin ! Le nouveau titre, octroyé par le préfet, va permettre de reconnaître l’excellence des meilleurs professionnels de la restauration traditionnelle dans tous nos territoires, en valorisant de façon concrète leur compétence, nous expliquent les ministres. Enfin du concret ! Les « Maîtres » auront en effet droit à un crédit d’impôt de 15 000 euros pour des dépenses de modernisation. Il faut attendre la fin du communiqué pour savoir de qu’il ne s’agit pas de restauration de monuments historiques ou d’objets d’art mais bien de celle qui intéresse le plus les Français, la gastronomie. L’objectif des ministres est que cette mesure, forte et ciblée pour la valorisation de notre gastronomie vise rapidement plusieurs milliers de restaurateurs. On ne soulignera jamais assez la portée d’un telle réforme qui justifie la mobilisation de trois ministres, et non des moindres, (selon Jacques Marseille Luc Chatel est le ministre le plus important du gouvernement), ceci en pleine préparation du budget, en pleine crise du commerce extérieur et alors que la pauvre Christine Lagarde a quinze jours seulement pour préparer la réforme de l’Unedic et de l’Anpe. Car donner le titre de maître aux cuisiniers, qui le méritent au moins autant que nos avocats et nos notaires, est vraiment la riposte appropriée à l’offensive américaine contre notre gastronomie dont le film Ratatouille est le fer de lance. Prétendre que nos cuisiniers sont des rats alors que ce sont des Maîtres !

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