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Organisations non-gouvernementales et bazar gouvernemental

On l’a échappé belle ! Dieu merci, l’Arche de Zoé n’avait pas été invité à participer au Grenelle de l’environnement ! Cette ONG n’aurait certes pas déparé dans le paysage où figuraient bien d’autres farfelus de la même eau (voir Valeurs actuelles du 28 septembre), mais imaginez l’embarras de Jean-Louis Borloo et de Nathalie Kosciusko-Morizet, obligés de reconnaître qu’ils avaient passé des heures à négocier sérieusement avec des irresponsables avérés ! Pareille mésaventure finira bel et bien pourtant par advenir un jour au gouvernement, tant le label "ONG" tend désormais à transformer en autorité morale autoproclamée n’importe quel groupuscule de zigomars à qui leur passion et leur culot valent gage de compétence, de sérieux et d’expertise. Mais les organisations gouvernementales sont-elles plus sérieuses, et est-ce un hasard si les unes prêtent une oreille si déférente aux autres ? Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver les raisons de l’étrange complaisance dont a bénéficié l’Arche de Zoé durant toute la phase préparatoire de sa tentative manquée d’ajouter, à l’immigration choisie et à l’immigration subie, une immigration forcée. Cité par Libération, un membre d’une autre ONG travaillant au Darfour note que le fondateur de l’Arche de Zoé « a pris au pied de la lettre les incantations de Bernard Kouchner sur le génocide en cours au Darfour et sur les nécessaires corridors humanitaires, à l’époque où il n’était pas ministre ». Et si leur opération n’avait pas été bloquée par les Tchadiens, sans doute le ministre y aurait-il salué un audacieux triomphe de "son" devoir d’ingérence… Certes, il est urgent de remettre les ONG à leur place, faute de quoi on ne pourra pas restaurer le Politique. Mais encore faudrait-il que le Politique lui-même se libère de la logique humanitaire, qui en est la négation même. Vaste programme, comme disait l’autre.

Secrets de famille et fluidité

« Cette affaire me fait le même effet que ce qu’on appelle les secrets de famille » dit Laurence Parisot à propos des caisses noires de l’UIMM. Elle précise que c’est « quelque chose que beaucoup savaient inconsciemment » un peu comme Virenque qui se dopait à l’insu de son plein gré. Caisse noire qui servait, à en croire Daniel Dewavrin, ancien président de l’UIMM, à « fluidifier les relations sociales ». C’est bien la première fois qu’un secret de famille facilite les relations sociales. Devant l’émoi de l’opinion publique, Denis Gauthier-Sauvagnac s’est vu retirer la présidence de la délégation patronale chargée de négocier avec les syndicats la modernisation du marché du travail. Normal que la présidente de l’Ifop se soucie de l’opinion publique. Mais n’aurait-on pas du confier à « DGS » la présidence de la table ronde sur le pouvoir d’achat ? Car après tout, des enveloppes, n’est-ce pas ce qu’attendent tous les Français ?

Une journée sans donneur de leçons !

J’avoue avoir de la tendresse pour une certaine catégorie de donneurs de leçons : les artistes… Ils arrivent toujours à pied sur un lieu de désolation humaine (1). Ils prennent un air apitoyé (2). Ils expriment quelques banalités d’usage et dénoncent les injustices (3). Puis ils rentrent chez eux, surs de leur altruisme et de leur bonne conscience (4). Mais à bien y penser, ma tendresse envers eux fait souvent place à de la colère. Organisons donc une journée sans Carole Bouquet, Guy Bedos et Dan Franck. Ils pourraient profiter de ces 24 heures pour prendre chez eux deux ou trois familles de sans logis qui campent actuellement rue de la Banque à Paris, qu’ils sont allés visiter et qu’ils ont ensuite laissés dans le froid. Et pourquoi pas une autre journée sans ? Cette fois avec Yannick Noah qui nous demande d’éteindre les lumières cinq minutes ce soir pour faire prendre conscience des problèmes d’écologie et de réchauffement de la planète (ces même familles de sans papier qui campent rue de la Banque aimeraient sans doute bien avoir des lampes qui dégagent beaucoup de chaleur, ne serait ce que pour se réchauffer, les nuits parisiennes sont si froides en ce moment...). Je suis sur, Amis bloggeurs, vous aussi, avez plein d’idées de « Journée sans… ». Partageons-les…

(1) Leur voiture, généralement de luxe, est garée quelques pâtés de maison plus loin.

(2) Il l’est d’autant plus qu’il y a des caméras pour filmer la larme qui perle ou l’émotion qui les empêche de parler (à leur attention : le menton qui tremble est très photogénique…)

(3) C’est facile et sans risque… très en vogue en ce moment : ADN, sans papiers, etc.

(4) Curieusement, aucune caméra ne les interroge en bas de chez eux.

Notre langue, notre liberté

J’ai acheté hier, à ma fille, Les Contes du lundi, d’Alphonse Daudet, dans la Bibliothèque verte. Elle a 8 ans, apprend à aimer le français, à jouer avec ses mots, à cultiver ses nuances et sa rigueur : l’accord si délicat de ses participes, la conjugaison parfois abracadabrantesque de ses verbes, la grammaire que l’on apprend à cet âge, et dont Erik Orsenna nous dit qu’elle est “une chanson douce”. Il y a, parmi ces récits, La dernière classe, où Daudet raconte le dernier cours de français dispensé par un instituteur alsacien, M. Hamel, à ses petits élèves, avant qu’un Prussien ne le remplace pour leur enseigner l’allemand : nous sommes en 1871 et la France, vaincue, a abandonné l’Alsace et la Lorraine à l’empereur Guillaume. « Alors, d’une chose à l’autre, M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que c’était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide ; qu’il fallait la garder entre nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa langue, c’est comme s’il tenait la clef de sa prison… » Comment ne pas trouver à ses mots une troublante résonance au moment où le chef de l’État s’accordait, à Lisbonne, avec ses partenaires européens sur un traité “simplifié” qui comptera plus de 3 000 pages (!) et reprend l’essentiel du projet de Constitution rejeté par les Français ? « La France ne peut se retrouver aujourd’hui que par et dans le français », écrivait l’an dernier Paul-Marie Coûteaux, pressentant cet ultime abandon de souveraineté (Être et parler français, Perrin). Oui, cultivons cet amour du français, transmettons à nos enfants ce fragile héritage dont on menace aussi de nous déposséder : c’est, comme l’écrivaient Daudet et Mistral avant lui, « la clef qui, de (nos) chaînes », pourra nous délivrer.

Quand le PC voulait « stopper l’immigration officielle et clandestine »…

Transmis, hier, par un ami. C’est une lettre de Georges Marchais, alors secrétaire général du PC, reproduite dans « L’Humanité » du 6 janvier 1981. Elle est adressée au recteur de la mosquée de Paris, qui venait de s’indigner contre la destruction au bulldozer (le 24 décembre 1980, veille de Noël !) d’un foyer de 300 travailleurs maliens par le maire communiste de Vitry, Paul Mercieca. Extraits : - « Je vous le déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca. (…) Plus généralement, j’approuve son refus de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés » ; - En raison de la « la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. » - « La cote d’alerte est atteinte. (…) C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. » - « Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. » - « Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration ». - « Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français. » - « Quand la concentration devient très importante (…), la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d’aide sociale nécessaires pour les familles immigrés plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes ». A méditer. A commenter. Et à faire circuler…

Marche ou grève

Le temps des réformes commence par une belle journée d’automne ou tous les Parisiens auront pu, grâce à Bernard Thibault et consorts, goûter les plaisirs de la marche à pied et du « velib ». Pour les résidents des banlieues, en revanche, c’est comme d ‘habitude en pareil cas, l’enfer. Que faire des enfants qui quelques fois ne sont même pas pris dans les écoles ? Comment rejoindre son lieu de travail et surtout en revenir dans des conditions décentes et des délais raisonnables ? Ne parlons pas des habitants du Loiret : ce département continuait jeudi imperturbablement à diffuser sur les ondes sa pub pour le département où il fait bon vivre à une heure de Paris ! Heureusement qu’il y a les RTT. Sinon la rupture pourrait bien devenir, grâce aux préoccupations sociales des syndicats, « marcher plus pour travailler moins ».

On rêve !

Lu dans « Le Monde » du 13 octobre ce texte que je cite exactement : « Voulue par Nicolas Sarkozy, la loi sur la récidive conduit à la prison, dans des conditions d’incarcération souvent indignes, des hommes et des femmes en déroute sociale après une première condamnation. Les juges critiquent volontiers une justice rendue à l’aveugle. » Mais qui rend cette justice si ce n’est les juges ! Vont-ils prétendre que désormais la justice leur échappe ? Admirez également la formulation : les conditions d’incarcération « indignes », les hommes et les femmes en « déroute sociale »…Mais pourquoi ces hommes et ces femmes ont-ils été condamnés une première fois à des peines d’emprisonnement ferme ? Pourquoi ont-ils récidivé ? Quant aux conditions d’incarcération, elles sont par nature indignes, ce n’est pas nouveau. Priver un homme ou une femme de sa liberté n’est jamais gracieux. La prison est toujours infamante. Le mieux est d’éviter cette « indignité ». « Etre homme, disait Saint-Ex, c’est être responsable ».

Contre "l’AD-Haine" ?

A écouter les opposants à l’amendement Mariani, il constituerait une porte ouverte à des fichages, voire des manipulations génétiques dignes des zeures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. J’exagère ? Ecoutons Isabelle Adjani : «Sommes-nous devenus fous au point d’oublier que quand la xénophobie fait appel à la science, le pire est toujours à craindre ?» Entendez-vous, dans nos campagnes, roder le féroce Mengele ? La violence des réactions est-elle due à ce que, via l’ADN, cet amendement touche à des questions particulièrement symboliques - le sang, l’identité ? Mais il faudrait alors expliquer pourquoi on parle de "rafle" à la moindre arrestation de clandestin à son domicile, et des trains de la Shoah dès qu’on paie deux places à des ressortissants Maliens dans un avion de ligne en direction de leur pays ; pourquoi on évoque régulièrement le climat de "chasse à l’étranger" qui règnerait dans notre pays ; pourquoi un film récent, encensé par la critique, établissait un parallèle entre génocide et lutte contre l’immigration clandestine ; pourquoi les spectres de Vichy, du Vel d’hiv, du fascisme, apparaissent sans cesse dans le débat sur l’immigration… La vérité est que ça n’est pas l’ADN le problème : le problème c’est que toute une classe médiatico-gauchiste martèle sur nos ondes, à longueur de journée, une vision du monde qui veut que la France soit un droit de l’homme, l’idée même de frontière ou de citoyenneté un concept fasciste, le clandestin le seul avenir de notre pays, qu’il ait par essence les mêmes droits que les Français, et plus encore en vertu de son statut d’"opprimé". Et qu’en face nos gouvernants, au lieu de combattre frontalement cette vision délirante, semblent toujours s’excuser de prendre des mesures restrictives et feignent de n’avoir à cœur que le plus grand confort des clandestins. Les combats politiques et intellectuels sont pourtant comme les autres : les mener sur le terrain de l’adversaire est toujours le plus rapide moyen de les perdre.

PS : On aurait aimé, jusqu’à la fin de cette coupe du monde de rugby, jouir tranquillement et sans arrière-pensée du parcours de l’équipe de France. Ça n’aura pas été possible, par la faute de la ténacité anglaise ; mais aussi d’une récupération politique indécente, qui avait l’air de transformer chaque poussée française, chaque percée de ses avants en instrument de l’éternelle conquête de popularité d’un président boulimique et omnivore. On en connaît quelques-uns à qui ça aura gâté le plaisir.

Rendez-nous nos plaques !

Est-ce encore une sournoise tentative de déracinement orchestrée par les eurocrates de Bruxelles ? A partir du 1er janvier 2009, nous allons perdre nos plaques d’immatriculation avec le numéro du département. Plus de référence locale donc, mais de vagues chiffres sans aucune signification. Scandaleux ! Qui n’a jamais fait Paris-Lourdes en voiture (800 km) avec trois enfants à l’arrière ne sait pas combien le « jeu des plaques » contribuait à la paix familiale, au repos du conducteur et à une stimulante instruction géographique de nos chères têtes blondes. La décision européenne me privera aussi d’un plaisir assez subtil. Vous savez que la plaque 75 n’a pas très bonne presse dans nos campagnes. Parfois, le Gascon irascible s’emporte : « Parisien tête de chien ! ». Quel bonheur alors de pouvoir répliquer, en bon gascon dans le texte, avec un cordial et définitif « Paso dare, cap di coun ! ». J’en garantis le meilleur effet sur l’indigène surpris. Pour la traduction, merci d’envoyer un message. Et, que diable, pourquoi ne pas garder notre « vieille » plaque ?

Vive le capitalisme !

Gorbatchev, le père de la Perestroïka, s’est définitivement converti au bonheur de la société marchande. On savait déjà qu’il monnayait ses conférences à travers le monde. On a pu le voir récemment, sur une très belle publicité en couleur, dans un taxi, lors de l’un de ses multiples déplacements, posant avec des valises de Louis Vuitton. Voilà une histoire bien réconfortante que de voir cet ex défenseur de la patrie des prolétaires enfin en mesure de se payer des bagages de riches. Imagine-t-on un ancien président de la république française se faire photographier avec des valises ? Même si on n’en connaît pas le contenu, cela pourrait être mal interprété. Même chose pour un dirigeant syndical français, qu’il s’agisse d’un syndicat ouvrier ou patronal. Au lieu d’y voir un signe réjouissant de l’ascension sociale, beaucoup de mauvais esprits y verraient soit un luxe mal placé, soit même la preuve manifeste de leur corruption. Les gens sont méchants !

Chabal au gouvernement !

Qu’est-ce qu’on croyait ? Que par le seul miracle de l’intronisation de Sarko 1er, les pleureuses allaient disparaître de notre beau pays, les associations gauchistes subventionnées se convertir brusquement au principe de réalité, les bonnes consciences autoproclamées cesser de pousser des cris d’orfraie au moindre détail ? Que la rupture, si rupture il devait y avoir, allait passer toute seule, sans opposition, sans larmoiements, sans tirs de barrage de tous les arquebusiers du politiquement correct ? Faute de s’être vraiment résolu à y résister, tout se passe comme avant la "rupture" : le gouvernement propose une – timide – réforme, les députés, qui se rappellent plus facilement par qui ils ont été élus, la renforce de quelques amendements plus musclés, les associations et les médias aboient et pétitionnent pour la caricaturer, les sénateurs, qui se fichent bien des électeurs, l’émasculent, et pour finir le gouvernement recule en rase campagne en faisant adopter une version inoffensive de son projet, qui ne fâche personne tout en lui laissant le crédit d’avoir fait voté la réforme annoncée ! Et si, pour en finir, avec ce cercle infernal, on faisait entrer au gouvernement, non pas le si élégant Bernard Laporte (ah, cette façon inimitable qu’il a de mâcher son chewing gum, la bouche ouverte et de travers !), mais, "l’homme des cavernes" en personne, j’ai nommé Sébastien Chabal ? Avec lui comme interlocuteur, nul doute que les syndicalistes naufrageurs se tiendraient à carreau, que les vociférateurs de tout poil verraient leurs protestations se geler dans leur gorge, que les All Blacks de la morale cathodique y regarderaient à deux fois avant de pousser leurs "yakas" paralysants ! A tout le moins, il n’est pas interdit d’y rêver…

Scandaleuse rhétorique

Ah, les beaux esprits ! Les voilà qui s’en prennent au premier ministre parce qu’il a osé prononcer un mot, bien anodin mais chargé d’infamie depuis qu’“un autre” l’a employé. Le 6 octobre, parlant de la loi sur l’immigration, François Fillon a raillé les polémiques qui « ont grossi jusqu’au ridicule un détail » de la loi sur l’immigration : les tests ADN – facultatifs, faut-il le rappeler ? “Détail”. Que n’a-t-il pas dit ! Le socialiste Pierre Moscovici a jugé ces déclarations « d’une gravité extrême », et Stéphane le Foll, le bras de François Hollande, y a vu un « clin d’œil » à l’électorat du Front national. François Fillon « signe non seulement son compagnonnage avec l’extrême-droite mais participe dangereusement à sa banalisation », renchérit Mouloud Aounit, du MRAP, en l’accusant d’avoir franchi « les limites de l’insoutenable et de l’indécence »… Pourquoi ce chahut ? Parce que Jean-Marie Le Pen avait eu le tort de qualifier l’existence des chambres à gaz de « point de détail de l’histoire de la deuxième guerre mondiale », tout en précisant que cela ne retirait rien à l’horreur du crime. C’était en 1987 ! Vingt ans après, voilà que la gauche nourrit encore un procès absurde contre la droite, en pratiquant, comme à son habitude, un amalgame ridicule. Le président du FN ne s’est pas privé de dénoncer la « tyrannie intellectuelle » qu’exercent « les lobbies qui gouvernent la pensée collective » en France. Lobbies qui s’acharnent à disqualifier la droite par ses références obsessionnelles aux « heures sombres de notre histoire » – sans peur du ridicule : n’attend-on pas entendu des associations comparer les contrôles d’identité à des “rafles” ? Et accuser le gouvernement de faire régner la “terreur”, parce qu’il veut faire respecter la loi sur l’entrée et le séjour des étrangers en France ? Qui ces outrances discréditent-elles : le gouvernement ou ces associations ?

Et les lois, c’est pour les chiens ?

Comment rester calme en entendant ce qui est arrivé hier aux pompiers de Saint Dizier en Haute Marne. Rappel des faits : la nuit dernière, des soldats du feu protégés par une patrouille de la BAC ont été appelés en urgence pour éteindre un incendie dans un quartier du Vert-Bois, une zone qualifiée de sensible. Arrivés sur place, ils ont été attaqués par une bande de "djeunes" armés de barre de fer. Les occupants des deux véhicules ont finalement réussi à s’échapper. A l’origine du courroux de ces sauvageons ou ces racailles (comment les qualifier autrement ?), l’arrestation quelques jours plus tôt d’un jeune du quartier qui aurait giflé un policier… Pour se venger de cet ignoble affront, les sauvageons ont finalement mis le feu à la Maison des jeunes et de la culture et tenté de le faire à l’office HLM. Comme il leur restait sans doute quelques allumettes dans les poches, ils ont ensuite incendié une vingtaine de voitures. Plutôt que de légiférer en urgence sur les chiens dangereux, surfant sur l’émotion (bien légitime) de la population, pourquoi le ministre de l’intérieur n’essaierait pas tout simplement de faire appliquer la loi pour enfin faire rétablir l’ordre dans des quartiers où ce mot d'ordre est trop souvent perçu comme une insulte ? Le ministre ferait sans doute d'une pierre deux coups : ce sont souvent les mêmes qui terorrisent des quartiers et qui possèdent des chiens dangereux.

Vive l’ouverture ?

Certains reprochent à Nicolas Sarkozy de vouloir ouvrir son gouvernement à des personnalités de gauche. Mais peut-on faire autrement pour faire une politique de droite ? L’expérience montre qu’avec des députés et des ministres de droite on ne peut pas vraiment instaurer, par exemple, un service minimum : le mot ne figure même pas dans la loi qui est censée traiter du sujet. Alors que Jules Moch, ministre socialiste de l’intérieur sous la IV ème république, envoyait les CRS contre les grévistes communistes. Même chose en matière fiscale. Qui a supprimé la vignette auto ? Laurent Fabius. Qui songe à la rétablir ? Jean-Louis Borloo pour faire plaisir aux écolos. Qui se refuse à supprimer l’ISF ? Les députés de droite. Qui vide de son contenu la disposition autorisant les tests ADN pour le regroupement familial ? Le très conservateur Sénat. Il n’est pas sûr que Didier Migault, le président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée, serait aussi obstiné pour le maintien de l’ISF avec l’usine à gaz du bouclier fiscal que ne l’est la droite. Ni que Julien Dray serait aussi timoré que les parlementaires de droite sur les questions d’immigration. On comprend que Nicolas Sarkozy, s’il veut vraiment réformer, soit tenté d’essayer. Et que ceux à gauche qui veulent vraiment changer les choses soient tentés d’accepter.

Chasse aux sorcières et Préfet rose : une affaire exemplaire et… lamentable !

Personne, ou presque, n’en a parlé. Le 26 septembre, le Préfet d’Indre et Loire, Paul Girod de Langlade, était nommé « préfet hors cadre » - c'est-à-dire viré - en conseil des ministres. Condamné pour « incitation à la haine raciale », celui-ci venait de déclarer dans « La Nouvelle République » : « Il y a trop de gens du voyage sur l’Indre et Loire. On a été trop laxiste pendant trop longtemps (…) il faut arrêter de se voiler la face. Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance. » Cela pour la partie émergée de l’affaire. La partie immergée, c’est le nom de son remplaçant (choisi par Alliot-Marie et l’Elysée) : Patrick Subremont. Son CV : ex-directeur de cabinet d’Edith Cresson sous Mitterrand, promu chef de service à l’Intérieur par Chevènement, puis titularisé préfet in extremis par Daniel Vaillant le 18 avril 2002 – soit… trois jours seulement avant le premier tour de la présidentielle ! Bref, tout du préfet rose. Le cursus parfait, en ces temps d’ouverture, pour être promu par un pouvoir de droite…

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