Organisations non-gouvernementales et bazar gouvernemental
Le 30/10/07, par Laurent Dandrieu, Rédacteur en chef adjoint Culture | Général
On l’a échappé belle ! Dieu merci, l’Arche de Zoé n’avait pas été invité à participer au Grenelle de l’environnement ! Cette ONG n’aurait certes pas déparé dans le paysage où figuraient bien d’autres farfelus de la même eau (voir Valeurs actuelles du 28 septembre), mais imaginez l’embarras de Jean-Louis Borloo et de Nathalie Kosciusko-Morizet, obligés de reconnaître qu’ils avaient passé des heures à négocier sérieusement avec des irresponsables avérés ! Pareille mésaventure finira bel et bien pourtant par advenir un jour au gouvernement, tant le label "ONG" tend désormais à transformer en autorité morale autoproclamée n’importe quel groupuscule de zigomars à qui leur passion et leur culot valent gage de compétence, de sérieux et d’expertise. Mais les organisations gouvernementales sont-elles plus sérieuses, et est-ce un hasard si les unes prêtent une oreille si déférente aux autres ? Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver les raisons de l’étrange complaisance dont a bénéficié l’Arche de Zoé durant toute la phase préparatoire de sa tentative manquée d’ajouter, à l’immigration choisie et à l’immigration subie, une immigration forcée. Cité par Libération, un membre d’une autre ONG travaillant au Darfour note que le fondateur de l’Arche de Zoé « a pris au pied de la lettre les incantations de Bernard Kouchner sur le génocide en cours au Darfour et sur les nécessaires corridors humanitaires, à l’époque où il n’était pas ministre ». Et si leur opération n’avait pas été bloquée par les Tchadiens, sans doute le ministre y aurait-il salué un audacieux triomphe de "son" devoir d’ingérence… Certes, il est urgent de remettre les ONG à leur place, faute de quoi on ne pourra pas restaurer le Politique. Mais encore faudrait-il que le Politique lui-même se libère de la logique humanitaire, qui en est la négation même. Vaste programme, comme disait l’autre.











