Franchement, on ne savait pas la France si catholique ! Dans les journaux, à la radio, à la télé, il n’est plus question que de cela : les chrétiens de tous poils, catholiques en tête, s’opposent au durcissement de la législations sur l’immigration, et au premier chef à l’amendement sur les tests ADN, censément opposé aux valeurs du christianisme – si ce n’est pas aux racines chrétiennes de l’Europe, qu’on rappelait plus mollement quand il s’agissait de les inscrire dans la Constitution européenne. C’est la conférence des évêques de France, sous la signature de Mgr de Berranger (Saint-Denis) et Mrg Schockert (Belfort-Montbéliard), qui affirme que « les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers, entre citoyens pourvus de papiers et d'autres sans papier. » (sans doute ces éminences sont-ils les détenteurs exclusifs d’un Evangile apocryphe où le Christ enseigne : « Fichez-vous des lois, méprisez les nations, n’obéissez pas à César ») ; c’est le Secours catholique qui dénonce « l’acharnement à durcir l'accès de ces hommes, femmes et enfants à notre territoire » et reproche au projet de loi de « créer une inégalité de fait avec les travailleurs français » (comme si le principe même de la citoyenneté n’était pas une inégalité de droits entre ceux qui la possèdent et les autres) ; c’est Etienne Pinte qui, sur une pleine page de Libé, le dénonce au profit du principe évangélique « J’étais un étranger, et tu m’as accueilli. » (comme si les principes évangéliques étaient littéralement transposables à l’échelle d’une société entière). Bref, le catholicisme, médiatiquement méprisé lorsqu’il est un discours sur le Christ et sur la Rédemption, redevient le chouchou des médias dès qu’il se conforme à sa caricature humanitariste et droit-de-l’hommiste. Toutes ces belles âmes seraient mieux inspirées de réviser d’un peu plus près les textes du Magistère romain, qui rappelle constamment le droit des gouvernements à réguler les mouvements migratoires, et le droit des nations à ne pas accepter plus de migrants qu’elles n’en peuvent intégrer. Et Jean-Paul II rappelait que les populations du tiers-monde ont « avant tout le droit à ne pas émigrer » et à vivre dignement dans leur propre pays. Mais ce droit-là, qui s’en soucie ?

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