A écouter les opposants à l’amendement Mariani, il constituerait une porte ouverte à des fichages, voire des manipulations génétiques dignes des zeures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. J’exagère ? Ecoutons Isabelle Adjani : «Sommes-nous devenus fous au point d’oublier que quand la xénophobie fait appel à la science, le pire est toujours à craindre ?» Entendez-vous, dans nos campagnes, roder le féroce Mengele ? La violence des réactions est-elle due à ce que, via l’ADN, cet amendement touche à des questions particulièrement symboliques - le sang, l’identité ? Mais il faudrait alors expliquer pourquoi on parle de "rafle" à la moindre arrestation de clandestin à son domicile, et des trains de la Shoah dès qu’on paie deux places à des ressortissants Maliens dans un avion de ligne en direction de leur pays ; pourquoi on évoque régulièrement le climat de "chasse à l’étranger" qui règnerait dans notre pays ; pourquoi un film récent, encensé par la critique, établissait un parallèle entre génocide et lutte contre l’immigration clandestine ; pourquoi les spectres de Vichy, du Vel d’hiv, du fascisme, apparaissent sans cesse dans le débat sur l’immigration… La vérité est que ça n’est pas l’ADN le problème : le problème c’est que toute une classe médiatico-gauchiste martèle sur nos ondes, à longueur de journée, une vision du monde qui veut que la France soit un droit de l’homme, l’idée même de frontière ou de citoyenneté un concept fasciste, le clandestin le seul avenir de notre pays, qu’il ait par essence les mêmes droits que les Français, et plus encore en vertu de son statut d’"opprimé". Et qu’en face nos gouvernants, au lieu de combattre frontalement cette vision délirante, semblent toujours s’excuser de prendre des mesures restrictives et feignent de n’avoir à cœur que le plus grand confort des clandestins. Les combats politiques et intellectuels sont pourtant comme les autres : les mener sur le terrain de l’adversaire est toujours le plus rapide moyen de les perdre.

PS : On aurait aimé, jusqu’à la fin de cette coupe du monde de rugby, jouir tranquillement et sans arrière-pensée du parcours de l’équipe de France. Ça n’aura pas été possible, par la faute de la ténacité anglaise ; mais aussi d’une récupération politique indécente, qui avait l’air de transformer chaque poussée française, chaque percée de ses avants en instrument de l’éternelle conquête de popularité d’un président boulimique et omnivore. On en connaît quelques-uns à qui ça aura gâté le plaisir.

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