Zorro et les zozos
Le 06/11/07, par Frédéric Pons, Rédacteur en chef Monde | Gouvernement
Vous trouvez qu’il en fait trop ? Du Tchad au Guilvinec, notre Zorro national est partout. Pourquoi pas ? Nicolas Sarkozy a la santé (53 ans, « la force de l’âge », dit-on), un peu plus de temps depuis le départ de Cécilia et surtout l’envie de faire bouger les choses par lui-même, sans se laisser étouffer par les filtres des routines administratives. Travailler plus pour obtenir plus : il montre l’exemple. La pitoyable affaire des zozos humanitaires du Tchad démontre qu’il faut parfois savoir agir vite. Ni Rama Yade (pas assez crédible aux yeux des Africains), ni Bernard Kouchner (le donneur de leçons d’ingérence humanitaire agace) ne garantissaient le succès. Le président s’y est collé. L’affaire partait en vrille, genre « infirmières bulgares » : une opinion manipulée, un régime en pleine surenchère, un chantage au sommet, le Blanc une nouvelle fois dans la pire situation. Zorro est arrivé. Une douzaine d’heures d’avion, quelques ronds de jambe convenus, de solides promesses d’indemnisation. Les premiers ressortissants étrangers sont déjà sortis des prisons tchadiennes. Après un délai de décence évidemment négocié, ce sera au tour des autres. Diplomatie spectacle ? Bien sûr. Cela fait maintenant partie du métier. Est-ce vraiment nouveau ? La fonction le veut, à condition de vouloir l’occuper pleinement. J’ai le souvenir d’un roi siégeant sous un chêne pour rendre la justice, d’autres mettant en scène leur lever, leur coucher, leur toilette, leur favorite. Les exemples abondent. Vous en avez sans doute d’autres, chers lecteurs férus d’histoire… Partageons-les.
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