L’épreuve dans la rue ?
Le 09/11/07, par François d’Orcival, Président du Comité éditorial | Gouvernement
Grève des cheminots et des conducteurs de métro et de bus parisiens le 14 novembre, grève des fonctionnaires le 20, tentatives de blocage des facultés…Cela peut-il se cristalliser en une épreuve de force ? Nicolas Sarkozy l’a rappelé lundi : « Nous ne plierons pas. » La question se pose de savoir si chacun n’attend pas cette épreuve de force, comme si à « réforme forte » il fallait dans ce pays « un conflit fort »… D’autant que chez les cheminots, la culture consiste à faire grève d’abord et à discuter ensuite. Certains de leurs syndicats continuent de croire qu’ils peuvent l’emporter grâce à la complicité d’autres fonctionnaires et si possible des étudiants d’extrême gauche. Refaire le « CPE » au profit des régimes spéciaux des cheminots ? Ce serait assez cocasse ! Pour le moment, l’opinion est massivement favorable aux réformes (et notamment à celle des régimes spéciaux), mais les cheminots comptent sur un nouvel allié, inattendu celui-là : le prix du pétrole. L’essence chère, c’est du pouvoir d’achat en moins. Baisse du pouvoir d’achat égale exaspération du public, n’est-ce pas, et pourquoi pas effet de solidarité avec les grévistes ? On va voir à nouveau la France « protégée » des fonctionnaires et agents des services publics faire face à la France « exposée » à la concurrence : la première joue de son droit de grève sans risque, la seconde réclame son droit au travail. L’épreuve de force, pour trancher ce débat, est peut-être devant nous ; Nicolas Sarkozy en fera juges les Français.
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