A voir les images de la visite officielle de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, sa béatitude, sourire extatique et main sur le cœur, à se voir accorder une standing ovation par le Congrès ou un satisfecit par le président américain ; à entendre son zèle à rester extrêmement évasif sur les implications pratiques de l’« indépendance » qu’il entend garder vis-à-vis de l’administration américaine, au point que le correspondant local de la BBC concluait que le président français était désormais le nouveau Tony Blair de George Bush (compliment pour le moins ambigu) - on ne pouvait qu’être saisi du contraste avec la désinvolture avec laquelle Nicolas Sarkozy avait traité, quelques heures plus tôt, le pouvoir tchadien. Eprouvant le besoin de rappeler la justice locale à la présomption d’innocence, ou ayant l’air de considérer, avec sa fameuse déclaration « j’irai chercher ceux qui restent, quoi qu'ils aient fait », les autorités tchadiennes comme de simples greffiers de la volonté sarkozienne. Docilité avec les puissants, arrogance avec les faibles : on n’a pas souvenir que ce soit sur cette ligne que la diplomatie française ait acquis de par le monde le prestige dont elle jouit encore. Mais s’agit-il encore de diplomatie ?

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