Autrefois, un "emploi du temps de ministre" était synonyme d’agenda surchargé. L’hyperactivisme du président de la République aidant, l’expression désignera peut-être bientôt le style de vie de qui ne sait plus quoi inventer pour combler le vide de ses journées – et tenter désespérément d’exister. Après Jean-Louis Borloo qui va donner des conférences de presse sur la banquise, après Christine Boutin qui déménage (à nos frais) son ministère à Lyon pendant une semaine, après Hervé Morin plus heureux sur les champs de course qu’en avocat du Rafale, voici Bernard Kouchner qui pousse la chansonnette. Le chef d’œuvre en question s’appelle "Deutschland" et a été enregistré, en collaboration avec le ministre des affaires étrangères allemand, sous la houlette du chanteur germano-turc Muhabbet. Le but de l’opération ? favoriser, nous dit-on, l’harmonie franco-allemande, mais aussi l’intégration des immigrés turcs en Allemagne. Le résultat ? comment dire… l’expression la moins cruelle serait sans doute "légèrement pathétique". On s’est indigné de l’invective injurieuse lancée par un marin-pêcheur au président de la République en visite au Guilvinec, et de l’inquiétante baisse du prestige de l’Etat qu’elle révèle. Mais si nos hommes politiques ne se respectent pas eux-mêmes, et leur fonction encore moins, qui les respectera ?

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