La récente étude de Proxinvest montre que la rémunération des patrons du Cac 40 a chuté de 8,4 % en moyenne en 2006. Dès lors, on comprend mieux la préoccupation générale des Français pour le pouvoir d’achat et l’urgence pour Nicolas Sarkozy de se saisir du problème. Tant il est vrai qu’un problème n’existe que lorsqu’il commence à toucher l’élite de la nation. Souvenons–nous du chômage dont on a commencé à parler sérieusement que lorsque ce fléau a commencé à frapper les enfants de cadres. Attention tout de même ! Les statistiques sont fausses. C’est statistiquement prouvé. En fait, si la rémunération des patrons du Cac 40 « s’effrite », selon le terme employé par les Echos, elle s’établit encore en moyenne à plus de 4,4 millions d’euros par an. Et la baisse serait due essentiellement au départ à la retraite de quelques gros calibres comme l’ancien patron de Vinci et celui de L’Oréal. On peut se poser la question : si les départs en retraite font baisser la rémunération moyenne, faut-il allonger la vie active par la réforme des régimes spéciaux avant celle du régime général pour doper la compétitivité française ? Un fonctionnaire ou un agent public qui part plus tard, c’est quelqu’un de mieux payé qui coûtera donc plus cher à l’Etat que s’il était parti plus jeune. Les grandes entreprises, celles du Cac 40 notamment qui ont multiplié les préretraites l’ont bien compris : plus les salariés partent jeunes, plus elles font baisser son coût de main d’œuvre et plus elles sont compétitives. Et si on s’était complètement trompé et qu’au contraire il ne fallait pas retarder l’âge de la retraite mais l'avancer ? Plus petits salaires, plus petites retraites et, au bout du compte des retraités qui meurent prématurément d’ennui, voilà la solution pour rétablir l’équilibre des régimes ! Pourtant les patrons du Cac 40, eux, souhaitent plutôt jouer les prolongations.

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