Délégué de parents d’élèves d’une classe de seconde – celle de mon fils – d’un grand lycée parisien, se flattant de former la future « élite » de la Nation, je suis allé rencontrer l’autre matin, à la demande de plusieurs parents, les lycéens « bloqueurs » (une trentaine) postés devant l’entrée du lycée. Leurs griefs : « Avec TF1, Sarkozy veut nous bourrer le crâne, mais on n’est pas dupe », « Demain, ce sera les facs privés. On sera totalement sous contrôle des multinationales », « Les frais d’inscription des facs vont monter, comme aux Etats-Unis, à des dizaines de milliers d’euros. Tous les pauvres en seront exclus », « Avec la sélection, on sera tous fichés », « Il n’y aura plus de fac de lettre ou d’histoire, pour nous empêcher de réfléchir et faire de nous des disciples du pouvoir », « Sarko-Bush-Poutine : même combat ! » Etc. etc. Le tout entrecoupé d’appels sur leurs téléphones portables dernier modèle, glissés ensuite dans la poche de leurs blousons de marque… Nous sommes allés boire un café avec quelques parents, et nous nous sommes dit que nous étions parfois bien c… de tout leur céder. La directrice, elle, avait déjà décidé de fermer l’établissement : « le choix de la raison », a-t-elle expliqué. Vraiment ?

 Suivre le fil de cette discussion par RSS