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Très bonnes fêtes de fin d'année !

La rédaction de Valeurs Actuelles part quelquels jours en vacances... Ne vous inquiétez pas, elle sera de retour, reposée et prête à réagir au quart de tour sur tous les sujets, au début du mois de janvier. Nous vous invitons à venir régulièrement sur le blog, à lire les messages que vous auriez manqués et nous à laisser vos commentaires. Nous vous souhaitons à tous et à vos proches de très bonnes fêtes de Noël et de fin d'année. Très cordialement, Frédéric Paya

Un peu d’imagination

La libération des otages en Colombie, si elle devait intervenir, serait sans doute une bonne nouvelle pour leurs amis et leur famille. L’acharnement de la France à ne pas abandonner une des ses concitoyennes est touchant et tout à notre honneur. Pourtant, imaginons un peu quelle serait notre réaction si une franco-américaine était enlevée par le FLNC et que, devant notre impuissance à aller la récupérer dans le maquis, les Etats-Unis faisaient pression sur Nicolas Sarkozy. Ils lui demanderaient avec insistance d’accorder à Talamoni un territoire sans gendarmerie, et de libérer les terroristes détenus dans nos prisons. George Bush s’adresserait directement aux preneurs d’otages par l’intermédiaire de CNN pour qu’ils fassent preuve d’humanité. N’y aurait-il pas de quoi crier à l’ingérence ? C’est pourtant la situation dans laquelle se trouve le président colombien aujourd’hui. Il est vrai que si les Américains acceptaient en échange de prendre les encagoulés sur leur sol, nous y gagnerions sans doute. Alors de quoi se plaint-il cet Urribe ?

Des 35 heures aux 40 heures…

Comment faire pour libérer le travail sans abroger les 35 heures ? En votant. François Fillon indique au « Monde » que l’abrogation des 35 heures serait impraticable. Ce qui signifie, dans le cas présent, qu’une loi ne peut plus défaire ce qu’une autre a fait, contrairement à ce que l’on croit. Y a-qu’à…On ne peut donc biffer les 35 heures par un vote des députés et des sénateurs. Mais par un autre vote, on le peut : celui des salariés. Démonstration : le personnel de l’usine Continental de Sarreguemines (1 300 salariés) qui fabrique des pneumatiques, vient de s’exprimer à 75% en faveur du retour aux 40 heures. Avec rachat des RTT pour les cadres et heures supplémentaires pour les autres. L’usine va ainsi tourner six jours de plus dans l’année, donc produire plus, tout en économisant 2 millions d’euros par an (sur les charges des heures supplémentaires) et elle va même pouvoir embaucher. Plus il y a de travail, plus on crée d’emplois. Les syndicats disaient : c’est du « chantage à l’emploi ». On a vu par le vote des salariés à bulletins secrets ce qu’ils représentaient.

La barbarie, ça rapporte

Hebdomadaire des professionnels du cinéma, le Film français de samedi dernier nous informe des excellents résultats du film Saw IV, qui a réuni près de 550 000 amateurs de tortures pour sa première semaine d’exploitation. Cette série dont la violence extrême, nous dit toujours le même hebdomadaire, suscite la réticence de nombreux exploitants de salles, repose en effet exclusivement sur des "raffinements" de torture sanguinolente, au point que le troisième volet avait été interdit en France au moins de 18 ans, mesure exceptionnelle d’habitude réservée aux films pornographiques. Il est de moins en moins rare, en revanche, de voir la torture occuper les écrans sous les applaudissements émus de la critique progressiste, comme on l’a vu avec les films Hostel I et II, ou, versant français, pour le récent A l’intérieur, avec Béatrice Dalle ; et non plus pour en dénoncer l’usage par l’armée française en Algérie, comme dans l’Ennemi intime, mais pour faire l’apologie d’une torture gratuite, torture spectacle certes virtuelle mais qui devient l’objet, pour un spectateur le plus souvent adolescent, d’une délectation sadique et morbide : grâce au cinéma, la torture devient "cool"… On parle de ne plus laisser sortir de prison les récidivistes auteurs de crimes abominables. Fort bien. Mais ne faudrait-il pas plutôt commencer par ne pas laisser des producteurs sans scrupules, pour le seul motif de se remplir les poches, fabriquer des générations de détraqués qui auront appris, sur grand écran, à jouir du spectacle de la souffrance d’autrui ?

Gratuit et low cost

La culture économique des français progresse. Il fut un temps où les problèmes de pouvoir d’achat ne pouvaient avoir qu’une solution : l’augmentation du Smic et celle des traitements de la fonction publique, l’indexation des retraites, l’échelle mobile. ..Bref, à pouvoir d’achat insuffisant devait répondre une augmentation des revenus. Il n’en est aujourd’hui plus question sauf à travailler plus, à abandonner ses RTT ou à faire des heures sup. La nouveauté c’est que maintenant on songe à agir non plus sur les revenus mais directement sur les prix. Les Français se résignent à n’être plus augmentés mais ne veulent plus payer ce qu’ils consomment, souvent pour une prestation médiocre. L’Internet a rendu crédible la culture du gratuit, popularisée aussi par la presse gratuite. Mais même quand il faut payer. Les Français veulent payer moins. Charles Begbeider vient de publier un rapport intitulé « le low cost, un levier pour le pouvoir d’achat ». Payer son billet d’avion moins cher, aller chez des « hard discounters », rouler en Logan, voilà la solution. Attention, toutefois : le low cost finira toujours par la low quality et le low revenu si on n’inclus pas dans les coûts, les coûts sociaux pour le pays. Le gratuit, c’est comme l’enfer : c’est les autres qui paient. Mais ça finit toujours par coûter cher.

José Bové démasqué par l’inspecteur Bourrel

« Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et ne laisser aucun doute à ce sujet. » Comment ne pas être d’accord avec Pierre Desproges après les dernières déclarations de José Bové, à sa sortie du Tribunal de grande instance de Millau le 10 décembre ? « Nous avons pris une décision collective d'entamer à partir du 3 janvier 2008 une grève de la faim à durée indéterminée » a indiqué l’altermondialiste, la moustache frémissante. Une grève de la faim ? Pourquoi pas ! Mais pourquoi attendre le 3 janvier ? « Bon dieu ! Mais c'est... Bien sûr ! » aurait dit l’inspecteur Bourrel : il sera certainement plus facile à José Bové d’entamer une grève de la faim une fois les fêtes passées que de prendre le risque, si sa grève de la faim doit durer, de refuser les plats délicieux qui lui seront présentés le 24 et le 31 décembre. Ayant reçu récemment le résultat de mes analyses sanguines montrant un (gros) dépassement de mon taux de cholestérol (le mauvais, pas le bon), je prends l’engagement devant vous, amis blogueurs, que j’entame une grève de la faim pour faire baisser mes constantes sanguines, mais uniquement après le 1er janvier (et encore, gourmand de nature je ne suis pas sur de tenir bien longtemps). Remarquez que contrairement à José Bosé, je n’ai pas indiqué l’année !

Catholicisme romain

Dimanche 9 décembre. Bien à l’abri de la pluie diluvienne qui s’abat sur la capitale italienne, j’assiste à la première messe solennelle célébrée à Rome par le jeune abbé René-Sébastien Fournier, de l’Institut du bon-Pasteur. Le cadre, prestigieux, est celui de la Trinité-des-Monts, encore magnifié par deux chorales, grégorienne et polyphonique, qui font résonner entre ces murs couverts de fresques baroques la splendeur de cette antique liturgie. Pour cette première célébration en cette église de la forme extraordinaire du rite depuis sa réhabilitation par Benoît XVI, le secrétaire général de l’Etat du Vatican, Mgr Renato Boccardo, avait tenu à prononcer lui-même l’homélie, dans un français impeccable. Venant d’un prélat peu suspect de traditionalisme, ce geste est un pas important dans la "réacclimatation" de ce rite longtemps tenu en suspicion. La veille, pour fêter le 25e anniversaire du pèlerinage traditionnel de Chartres, le cardinal Castrillon Hoyos le célébrait également, à Versailles, en présence de plus de 2000 fidèles. Le président de la commission vaticane Ecclesia Dei n’a pas eu les honneurs de la cathédrale, mais a dit la messe traditionnelle en présence de Mgr Aumonier, évêque du lieu. Pourtant, des quatre coins de la France remonte l’écho de l’accueil le plus souvent glacial opposé par la hiérarchie catholique aux fidèles demandant à bénéficier de ce rite comme le pape les y invite. A tel point que le secrétaire de la congrégation pour le Culte divin, Mgr Ranjith, s’est senti obligé de rappeler à deux reprises aux évêques que l’obéissance au pape n’est pas facultative. Souvent idéologique, comme le rappelait Mgr Ranjith, cette résistance d’arrière-garde ne prive pas seulement les fidèles d’un trésor liturgique, mais aussi l’Eglise tout entière d’un précieux instrument d’évangélisation, comme elle laisse de côté de nombreux prêtres qui ne demandent qu’à apporter leur pierre à l’édifice commun. Dans la crise que traverse le catholicisme européen, combien de temps encore l’Eglise de France va-t-elle ainsi se payer le luxe de diviser ses forces au lieu de les unir ?

Sécurité sociale : et si on brisait les tabous ?

Rencontré, ce matin, un personnage extravagant et courageux dont nous parlerons la semaine prochaine dans Valeurs Actuelles. Ingénieur aéronautique, Michel Boutaric a passé deux ans à créer un site Internet gratuit qui se propose de calculer combien chacun d’entre nous économiserait si les cotisations sociales obligatoires n’étaient plus… obligatoires : 3 300 euros par an pour un célibataire sans enfant gagnant 20 000 euros brut par an ; 9 330 euros pour un couple marié non salarié avec deux enfants gagnant 100 000 brut par an ; 14 500 euros pour un couple marié salarié avec trois enfants… En moyenne, une assurance privée (la solution préconisée depuis longtemps par Claude Reichmann) ne nous coûterait que la moitié par an ! Et si elle était là la solution aux problèmes de pouvoirs d’achat ? Sarkozy osera-t-il ? A vous de le convaincre…

Ils sont fous ces Espagnols !

Et voilà maintenant Zapatero, le premier ministre espagnol, qui menace de supprimer l’ISF s’il est réélu ! Je dis menace parce que j’ai bien compris, ayant bien écouté les leaders de la droite française, que c’était une mesure absolument absurde et de toute façon impossible à prendre. Il est vrai qu’ils sont à droite et que Zapatero est socialiste. C’est bien là que doit résider l’explication à cette différence de point de vue. A moins que Zapatero, malgré sa jeunesse, n’ait pas envie d’être réélu puisque c’est paraît-il, le plus sûr moyen de perdre les élections. Autre hypothèse, puisqu’il faut bien chercher une explication à cette proposition délirante : les Espagnols sont beaucoup moins intelligents que les Français. Ils sont incapables d’imaginer des dispositifs aussi subtils que le plafonnement du plafonnement, inventé par Alain Juppé, ou encore le bouclier fiscal qui oblige quasiment le contribuable à demander un contrôle fiscal s’il veut en bénéficier, ou encore l’investissement obligatoire à fonds perdu dans des PME non cotées que personne ne connaît sauf des gérants de fonds qui se goinfrent de commissions. Décidément, plus que jamais, « vérité en deçà des Pyrénées, mensonges au-delà… »

Colonies, regrets éternels

« Oui, le système colonial a été profondément injuste », a dit le président de la République à Alger ce 3 décembre. On ne peut plus aller nulle part sur le sol de nos anciens départements ou de nos anciennes colonies d’Afrique sans prononcer la phrase rituelle. Malheureux système colonial inventé par la gauche universaliste pour répandre à travers le monde démuni la liberté, l’égalité et la fraternité et que le monde en question nous renvoie comme une claque. Fallait-il y aller ? Il est trop tard pour le regretter. Le général de Gaulle, en européen continental qu’il était, écrivait dans ses « Mémoires d’espoir » : « En reprenant la direction de la France (en 1958), j’étais résolu à la dégager des astreintes désormais sans contrepartie que lui imposait son empire… », cette « gageure où, pour ne rien gagner, nous avions tout à perdre ». Infatigables et obstinément mus par la défense et l’illustration des droits de l’homme, les Européens, à commencer par nous Français, veulent aller faire la paix aux confins du Soudan et du Tchad. Devrons-nous le regretter un jour, nous qui sommes déjà en position d’accusés pour avoir voulu porter secours au Rwanda ?

Quatre fleurs pour Anne-Lorraine

Extraits de l’homélie prononcée par le Père Janssens, curé archiprêtre de la cathédrale de Senlis, pour les obsèques d’Anne-Lorraine Schmitt, le 1er décembre 2007

« Nous gardons d’Anne-Lorraine l’image d’une jeune fille au caractère bien trempé et qui croquait la vie avec gourmandise. Sa vie fut pour nous un cadeau. Nous remercions Dieu de nous l’avoir donnée pour fille, pour sœur, pour amie. Sa vie de femme fut brève mais riche et féconde.

Recueillons maintenant son témoignage d’humanité et de foi. Pour ma part, après vous avoir longuement écoutés, je glisse quatre fleurs dans le bouquet d’action de grâces que nous déposerons sur l’autel dans quelques instants.

Première fleur. Anne-Lorraine nous laisse le témoignage d’une jeune-femme dotée d’une vie chrétienne profonde et bien en place, nourrie par la Parole de Dieu et l’Eucharistie. Sa vie avait le Christ ressuscité pour fondation et pour clé de voûte ; et l’Esprit de son Baptême et de sa Confirmation pour dynamisme intérieur. Elle fait partie de cette génération Jean-Paul II, façonnée par les Journées Mondiales de la Jeunesse, les récollections et les pèlerinages estudiantins.

Deuxième fleur. Anne-Lorraine était l’aînée de sa fratrie et elle le restera. Son indépendance de caractère ne retirait rien à l’amour profond qu’elle portait à sa famille et à l’affection prévenante qu’elle témoignait à ses frères et sœurs, avec un humour parfois décapant. Elle entretenait également des amitiés spirituelles profondes. Jésus est l’Ami par excellence. Il nous dit: « Je vous appelle mes amis, parce que tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître » (Jn15,15). Anne-Lorraine est une amie du Christ. Avec ses meilleures amies, elle partageait le travail, les responsabilités, la fête et la prière. Elle puisait l’amour et l’amitié dans le cœur du Christ. Aussi, nous sentons qu’un lien ineffable et éternel nous unit à elle, par-delà ciel et terre, et pour l’éternité. L’amour est plus fort que la mort.

Troisième fleur. Anne-Lorraine nous laisse le témoignage d’une étudiante bien de son temps, brillante, intellectuellement curieuse, artiste aussi. Un trait la caractérisait et faisait notre admiration : sa force de conviction n’avait d’égale que son ouverture d’esprit. Elle ne tombait jamais dans le sectarisme. Dans ce monde et à une époque où nous sentons le besoin urgent et impérieux de témoigner à temps et à contre-temps de notre foi salutaire, nous retenons le savoir-faire d’Anne-Lorraine. Nul n’ignorait ses engagements et sa pratique religieuse. Elle en parlait simplement, avec une étonnante liberté intérieure et de l’humour. Elle rendait compte de ses convictions avec intelligence. Cela a forcé le respect et suscité l’amitié de beaucoup d’entre vous. Et puis elle avait cette curiosité intellectuelle qui la poussait à s’intéresser aux autres qui ne pensaient pas comme elle. Elle vivait en amitié avec des gens très différents ; preuve qu’on n’est pas d’autant plus ouvert qu’on a moins de convictions. Anne-Lorraine nourrissait sa foi par la lecture, la réflexion et les discussions avec son entourage. Elle qui était cultivée, elle avait peut-être à l’esprit cette phrase magnifique de Jean-Paul II : « La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité ». Anne-Lorraine avait une foi profonde éclairée par son intelligence, et une intelligence profonde éclairée par sa foi. Elle aurait fait une très bonne journaliste.

Quatrième fleur pour terminer. Anne-Lorraine, pourtant mobilisée par des études de haut niveau, savait s’engager au service des autres : dans le scoutisme, auprès d’enfants handicapés et des personnes malades. Tout ce qu’elle faisait, elle le faisait à fond, avec grand cœur et une conscience admirable. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples » (Jn13,35). Nul doute qu’Anne-Lorraine fit partie des disciples du Christ.

Nous confions Anne-Lorraine à Dieu notre Père. Nous le bénissons pour les 23 belles années que nous avons vécues en sa compagnie. Car son pèlerinage ici-bas aura rendu notre Terre un peu plus belle et notre cœur plus riche. »

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