La libération des otages en Colombie, si elle devait intervenir, serait sans doute une bonne nouvelle pour leurs amis et leur famille. L’acharnement de la France à ne pas abandonner une des ses concitoyennes est touchant et tout à notre honneur. Pourtant, imaginons un peu quelle serait notre réaction si une franco-américaine était enlevée par le FLNC et que, devant notre impuissance à aller la récupérer dans le maquis, les Etats-Unis faisaient pression sur Nicolas Sarkozy. Ils lui demanderaient avec insistance d’accorder à Talamoni un territoire sans gendarmerie, et de libérer les terroristes détenus dans nos prisons. George Bush s’adresserait directement aux preneurs d’otages par l’intermédiaire de CNN pour qu’ils fassent preuve d’humanité. N’y aurait-il pas de quoi crier à l’ingérence ? C’est pourtant la situation dans laquelle se trouve le président colombien aujourd’hui. Il est vrai que si les Américains acceptaient en échange de prendre les encagoulés sur leur sol, nous y gagnerions sans doute. Alors de quoi se plaint-il cet Urribe ?

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