Europe : une Charte très inquiétante
Le 04/02/08, par Fabrice Madouas, Rédacteur en chef adjoint Société | Gouvernement
C’est donc aujourd’hui, lundi, que le Parlement se réunit en congrès pour modifier la Constitution. Étape préalable à l’adoption du traité de Lisbonne. Jeudi, tout sera fait : l’Assemblée, puis le Sénat auront ratifié un texte qui reprend pourtant la quasi-totalité des dispositions rejetées par les Français le 29 mai 2005… C’est le cas, notamment, de la Charte des droits fondamentaux, qui s’appliquera dans tous les pays de l’Union européenne. En a-t-on bien mesuré les conséquences ? Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, livre sur le site de son diocèse une analyse de ce texte, remarquable de clarté (www.diocese-frejus-toulon.com). La Charte européenne des droits fondamentaux, écrit-il, présente « une vision relativiste et évolutive des droits de l’homme qui met en cause les principes du droit naturel ». Deux exemples, seulement, des dérives que permet ce texte : la Charte garantit le droit de se marier et de fonder une famille. Mais « elle se garde de spécifier le sexe des conjoints, note Mgr Rey. Elle dissocie explicitement la notion de mariage de celle de famille. Ceci constitue une rupture avec la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée à l’ONU en 1948, laquelle définissait la famille comme l’union d’un homme et d’une femme, et faisait d’elle le socle anthropologique de la société ». Ce texte suscite aussi une grande inquiétude concernant la protection de la vie humaine. Selon la Charte, « toute personne humaine a droit à la vie ». Une proclamation qui exclut, de facto, l’enfant à naître puisque, « selon l’un des derniers avis rendus par le Tribunal européen, “l’enfant à naître n’est pas considéré comme une personne”. L’embryon humain, notamment in vitro, ne bénéficie plus d’une protection pénale. C’est ainsi que la Charte interdit seulement le clonage à but reproductif sans jamais mentionner le clonage embryonnaire à des fins thérapeutiques. Il s’agit, là encore, d’un net recul (…) par rapport à la Convention de biomédecine du Conseil de l’Europe adopté en 1997, qui précisait “qu’est interdite toute intervention ayant pour but de créer un être humain génétiquement identique à un autre être humain, vivant ou mort... ”. » On n’attend pas de tous nos parlementaires qu’ils aient l’acuité de Mgr Rey. Simplement qu’ils fassent l’effort de lire son analyse avant de se prononcer. En conscience.
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