Et si toute cette affaire de l’UIMM, derrière les grandes envolées sur l’éthique et la moralité, ne se résumait pas tout simplement à une affaire de gros sous et de pouvoirs. La vieille génération de l’industrie lourde, les « ringards », selon Laurence Parisot, avait été très économe, réussissant à mettre de côté 600 millions d’euros bien utiles pour asseoir son pouvoir sur les organisations patronales, Medef et CGPME. La nouvelle génération, celle des patrons bobos qui préfèrent le Duffle-coat au costard-cravate, circulent en vélo, en scooter et en voiture de sport plutôt qu’en grosse berline avec chauffeur, a envie de prendre le pouvoir, les fameux mandats et l’argent qui va avec. D’où l’OPA lancée sur l’UIMM et sa caisse noire, la candidature de Roux de Bézieux à la présidence de l’Unedic et la suggestion d’un appel d’offre pour gérer les 600 millions émise par Laurence Parisot. Cette opération mains propres et poches pleines concerne-t-elle vraiment les vrais patrons, ceux qui n’ont guère le temps d’hanter les couloirs des ministères et des assemblées et de siéger à longueur de journée dans des commissions ? Cette révolution se limitera-t-elle à un changement des élites où concernera-t-elle aussi les pratiques ? A suivre.

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