Pan sur le Houellebecq
Le 30/04/08, par Laurent Dandrieu, Rédacteur en chef adjoint Culture | Général
On appelle ça un arroseur arrosé. Michel Houellebecq, sociologue de bazar déguisé en (mauvais) romancier, porté aux nues par le parfum de scandale qui entoure toujours ses romans – par ailleurs assez médiocres, à l’exception du premier, Extension du domaine de la lutte –, utilise volontiers ses livres pour régler ses comptes. Ainsi dans Les Particules élémentaires, roman qui fit sa gloire, ce charmant personnage brossait-il le portrait d’une marâtre à laquelle il donna élégamment le nom de sa propre mère, qu’au détour d’une interview il prétendait décédée. Or non seulement elle est bien vivante, mais elle pratique allègrement le retour de bâton sur le dos de son garnement de fils, dans un livre à paraître la semaine prochaine chez Scali, titré – sans doute par antiphrase – “l’Innocente”. Lui qui avait fait scandale en qualifiant l’islam de « religion la plus con » (au grand soulagement des bouddhistes, qui ont eu chaud), s’y fait traiter de « petit con » par sa génitrice, qui n’acceptera de lui reparler que lorsqu’il ira « sur la place publique, ses “Particules élémentaires” dans la main, et qu’il dira : “Je suis un menteur, un imposteur, j’ai été un parasite, je n’ai jamais rien fait de ma vie, que du mal à tous ceux qui m’ont entouré. » Tout cela est assez pathétique, on vous l’accorde, mais pour une fois qu’on voit un des ces autofictionneurs, qui au nom de leur pseudo création croient licites de mettre en scène, de préférence pour les traîner dans la boue, tous ceux qui ont eu le malheur de croiser leur chemin, se prendre un retour de manivelle, on ne va pas bouder son plaisir. Comme on dit dans les Tontons flingueurs : « Je ne dis pas que c’est juste. Je dis que ça soulage. »











